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Gagaproduction

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Hémogloblak

19 Avril 2026 Publié dans #Article

Voilà un article qui ne nous rajeunit pas, il date du temps de "Gigaproduction Gérard C." en ... 2012 ! Le  héros de cette aventure s'appelle Sarkikouille, inspiré du nom d'un gnome locataire de l'Elysée à l'époque, il était affublé de la taille de 1, 58m mais, depuis, les médias l'ont propulsé à 1, 65m. Par souci de véracité, j'ai gardé le nom de ce collaborateur d'Hémogloblak. Si vous avez la nostalgie socialiste, vous pouvez changer le nom de l'aide en Hollandox, crédité très généreusement d'1, 70m. Enfin, si vous êtes résolument pour l'actualité, vous pouvez encore intervertir le champion en Makronax (1, 73m dit-on). C'est vous qui voyez !...

Hémogloblak

    Salut ! Je m'appelle Hémogloblak, je suis un des quatre Golgothax dans le jeu vidéo « Carnagium, version 3.02 », et, plus précisément, dans le DVD référencé 451HK86°MM2378_Z12P. J'ai eu une chance extraordinaire, car j'ai été offert par la tante Zénobie au petit Kévin Poireau, jeune idiot de six ans, con comme un balai et déjà dyspraxique sévère, dyslexique confirmé depuis tout bébé et atteint d'un fort strabisme, son œil droit jouant au flipper pendant que le gauche totalise les points de « Counter Strike ». Je n'interviens dans le jeu qu'au niveau 5 (qui en compte 10) et mon jeune « maître » (Tu parles ! Un résidu bien représentatif de la jeunesse actuelle plutôt!), bien qu'accro à ce trip débile plusieurs fois par jour, n'a dépassé qu'une unique fois le niveau 1. J'ai donc une paix royale, et cela tombe d'autant mieux que je suis d'un naturel éminemment paresseux. Plus fainéant que moi, c'est difficile à trouver... Peut-être en Corse, peut-être dans le gouvernement Fillon, peut-être à la SNCF... ? Et encore, rien n'est moins sûr !

    Quand je ne dors pas, ce qui est très rare, il m'arrive de faire un tour dans le support numérique qu'est le DVD. Souvent, c'est pour aller taper le carton avec les Golgothax, on se fait une petite belote et on va se recoucher. Il m'arrive de croiser des personnages du jeu, certains ne cessent de s'entraîner à donner la mort dans les conditions les plus abominables, d'autres polissent leurs armes, d'autres encore essaient de maîtriser au mieux les sorts, pouvoirs, talents qu'ils détiennent. Belle bande de rigolos qui ignorent tout des vertus de la sieste prolongée. Une seule fois, je suis tombé sur la route de la Reine Nymphomnia, celle à qui appartient le château de Dévastopol, et qui n'apparait qu'à la fin du niveau 10, c'est-à-dire dans la salle du Trésor, but ultime du jeu. Par Touze ! Quelle belle femme ! Bien sûr, j'ai évité son regard qui, pour peu qu'elle ne m'ait pas à la bonne, m'aurait instantanément changé en garniture pour  œufs mimosa, mais c'est égal, une nuit avec une créature si « hot » doit valoir son pesant de maravédis d'or pur ! Elle était accompagnée par ses chiens de guerre, une bande de molosses assoiffés de sang capables de te dépecer un David Douillet ou un Teddy Riner en fines lamelles en moins de vingt secondes. Par contre, c'est souvent que l'on rencontre Sarkikouille, le héros, celui qui doit se farcir toutes les étapes du jeu. Il est plutôt sympa, il bouge tout le temps, brassant beaucoup d'air, il n'a pas une intelligence transcendantale, loin de là, mais il est malin comme un gibbon du jeu « Simieskos fatality ». Plusieurs fois, j'ai essayé de lui glisser dans la conversation d'éviter de me choisir comme allié si, par malchance, ce demeuré de Kévin arrivait un jour au niveau 5...

    J'ai donc une baraka inouïe, il ne m'est absolument pas interdit de penser que le Kévin en question finira par se lasser et que, grandissant en schizophrénie et en couillonnades en tout genre, achètera, ou se verra offrir, un autre jeu qui le passionnera. Je resterai donc bien tranquille, à jamais, entre deux pixels, mégabit au repos pour l'éternité. 

    J'ai pourtant eu une chaude alerte une nuit. Les parents de Kévin se sont, un week-end, disputé à propos de la tapisserie à changer dans les chiottes. Le papa, pour bien montrer qu'il était mécontent, est venu alors dormir sur le canapé du salon. Comme il s'enquiquinait ferme, voilà-t-il pas qu'il se met à brancher la Wii, et qu'au milieu des divertissements mis à sa disposition, il nous choisit... Hé bé, ce n'est pas un virtuose de la manette, mais c'est un entêté de première ! Au bout de deux heures, il avait franchi les quatre premiers niveaux. J'étais dans mes petits souliers et j'étais un peu ému : C'était la première fois que j'avais la possibilité d'entrer en scène. Et ça n'a pas raté ! Il m'a sélectionné pour seconder Sarkikouille. Le niveau 5 a pour scénario le franchissement du bras de la mer des Engatses entre Cuculand, le continent, et l'île de Lamor-en-Viteyss où le lugubre château de Dévastopol étend son ombre maléfique. Pour y aller, on doit s'emparer d'un des pédalos que délivre très chichement et de toujours mauvaise grâce Hollandox, personnage falot mais très peu coopératif. C'est moi que Sarkikouille choisit pour cette mission. Bon, ça, je savais faire ! Je m'approche du teinturé de frais et je lui souffle doucement : « Gaffe mec ! Tes lacets sont défaits ! » Il baisse la tête pour vérifier, et c'est le moment que je choisis pour lui filer un cataclysmique coup de pied dans la tronche, l'envoyant valdinguer à plus de 50 mètres dans la flotte. Là, des murènes géantes le bouffent tout cru. Avec Sarkikouille, on s'installe sur un pédalo et... Ô bonheur ! Le père à Kevin appuie sur « Pause » car son épouse venait le rejoindre au salon, en petite nuisette coquine. Devant nous, ils se réconcilièrent, et plutôt deux fois qu'une ! Comme il n'avait pas éteint l'écran, j'ai bien profité du spectacle ! Une partie de jambes en l'air de grande qualité, je n'en perdais pas une miette ! Ils finirent, après l'effort, par s'endormir, complètement épuisés. Le papa n'avait même pas fait une sauvegarde ; au petit matin il finit par éteindre la Wii et la télé, il rangea le jeu qu'il ne retoucha jamais plus, c'était inespéré ! Je pouvais derechef reprendre mon activité préférée : le farniente intégral.

    Et puis... Et puis... Et puis il y eut ce jour maudit où la famille reçut à déjeuner l'oncle, la tante et le cousin de Kévin. Par Kinson ! Cet enviandé de cousin au prénom de tapette (Lilian, je vous demande un peu...) est un grand échalas de 15 ans, le teint blafard, les yeux cernés comme les replis du bide à la Boccolini, maigrichon, avant-dernier de la classe de 6ème qu'il redouble pour la troisième fois (peut-être devrais-je dire « retriple »?) mais, hélas, un maniaque du jeu vidéo. Nous l'avons entendu dire qu'il en possédait _ et maîtrisait _ plus de trente dans le clapier qui lui sert de chambre. On s'est tous regardé, on n'était pas fier, oh que non !

    Et notre martyre a commencé ! Ce gars-là était un magicien de la manette, il fallait voir ses longs doigts de pubère décharné s'activer sur tous les boutons. Il en connaissait les fonctionnalités par cœur. En moins d'un quart d'heure, il en était déjà au niveau 5 et n'avait perdu aucune vie. Là encore, il m'a choisi pour affronter le Capitaine des pédalos ! Evidemment, Hollandox a un intellect plus que limité, mais pas au point d'oublier mon astuce de la fois précédente. Je me pointe donc vers lui et lui hurle un nouveau charre: « Regarde ! Derrière toi ! Voilà Papa Noël qui s'amène !» Toujours aussi concon, il tourne la tête et je te lui balance un coup de latte dans les joyeuses que, depuis, on l'appelle Françoise. Il vomit tout son petit déj' et reste étendu sur le sol, appelant à l'aide le SAMU de la rue de Solférino*. Avec Sarkikouille, on bondit sur un pédalo et on met le grand braquet. Traversée sans histoire, on arrive sur l'île, nuit noire, hurlements lugubres, remugles pestilentiels de cuisine lithuanienne... la totale quoi ! Et tout à coup, un cri : « Les enfants ! A table ! » Oh fatche ! Sauvés par le gong ! Mais voilà-t-il pas que ce grand merdeux fait une sauvegarde en déclarant à son petit cousin : « On va aller manger, et on reprendra la partie après ! » Miséricorde ! Je jette un coup d'oeil au héros. Bah ! Il était comme moi, dans le 36ème dessous ! Pourvu que le Lilian s'étouffe avec une arête de congre, qu'il s'empoisonne avec les champignons, qu'il crève quoi !...

    Hélas, notre répit fut de courte durée ! Heureusement qu'on profita de ce temps mort pour repérer où il y avait des points de survie et surtout un Char-Habban. Je vous explique, en gros, le niveau 6 : Il faut franchir la lande qui sépare le rivage des murailles du château. Mais l'endroit est truffé de Bayroustons, sortes de mines, en fait de grosses poches pleines de modéma qui est une substance glaireuse orangée qui peut t'engluer et te laisser à la merci des Meurtrassous, des elfes cruels qui peuvent surgir à tout moment des anfractuosités du paysage. Dès que cet enfoiré de Lilian ressaisit les manettes, on se précipita pour rafler les points de ravitaillement, et hop !... Directo à l'intérieur du Char-Habban; Sarkikouille se mit au volant et je m'installais dans la tourelle, armait le canon à laser Oméga 3 domestique sous Neutrogéna et commençait à arroser copieusement des vagues de Meurtrassous qui accouraient vers nous. Par Mesan ! Ce fut un beau carnage ! Qu'est-ce qu'on a accumulé comme points ! Le Kévin admirait tellement son cousin qu'il en bavait grave, comme un trisomique sévèrement atteint. Les petits salopiots n'en finissaient pas de se démultiplier, tout comme les mines à modéma de plus en plus nombreuses. A une vingtaine de mètres du no man's land entre la lande et les remparts, une énorme Bayronston éclata et scotcha littéralement le Char-Habban. Vite ! On s'extirpa de la carlingue et courûmes comme des dératés vers cette zone neutre pour se mettre à l'abri ! Ce fut tangent, un Meurtrassou eut le temps de me mordre le bras gauche jusqu'au sang...

    Pendant que je pansais ma plaie, Sarkikouille examina le bonus dont on pouvait bénéficier à ce stade du jeu : Cela consistait à choisir un nouvel équipier, en aveugle, dans une des cinq cabines qui se trouvaient là. Il opta pour la seconde : Pas mal ! Une Démonana ! Peu douée pour le combat corps à corps, mais pleine de superpouvoirs.

    Le niveau 7 consiste à franchir l'enceinte du château. En faisant minutieusement le tour, le Lilian remarqua que la muraille Nord était moins haute. Il me fit projeter la Démonana et lui-même sur le chemin de ronde. Pendant qu'elle tenait en respect des tas de fantassins qui leur donnaient l'assaut, Sarkikouille dépensa 10 000 points pour l'acquisition d'une corde qu'il me lança. Ah ! Par Thénon ! Le spectacle valait le coup d'oeil quand je franchis les créneaux : La Démonana délivrait ses sortilèges en veux-tu-en-voilà aux soldats en leur infligeant des coliques carabinées. Il fallait voir tous ces gugusses faire demi-tour, chausses baissées ou déjà pleines. Par Abellum !  Ils étaient dans la m... ! Ce fut bientôt le grand désert, par contre, ça schlinguait un max ! Il fallut ensuite slalomer entre les étrons pour atteindre le niveau 8, à savoir gravir les quatre étages du donjon.

    Pas de chance, la Démonana se fit éclater la zouka dès la poterne d'entrée ! Une compagnie d'Uhèmeupets la néantisa avec leurs flashballs à la nitroglycérine. Des petits déchets carnés sanguinolents volèrent dans tous les azimuts et s'aplatirent sur les murs. De notre côté, heureusement que nous avions des boucliers en cagagne trempée, ce qui nous permis de passer au travers du pack et d'en pourfendre à volonté. Hélas ! Juste avant d'atteindre l'escalier menant au premier étage, un lourd filet aux mailles de bronze me tomba dessus. Une nuée de petits trolls gauchistes, me trimballa, ainsi empaqueté, jusqu'au sous-sol, m'introduisirent de force un entonnoir dans la bouche. Ils me déversèrent une bonbonne de mauvais picrate, et puis, curieusement, me relâchèrent. Je tenais une biture phénoménale ! Ils me poussèrent vers une poutre qui franchissait une fosse remplie de mambas noirs, c'est sûr que j'allais servir de spectacle à tous ces refoulés car, étant ivre-mort, je n'avais plus aucun contrôle de mes mouvements. Pour mézigue, le « Game over » était inévitable... Par Amaribo ! Tadâââm ! Voilà que surgit l'agité du bocal : Sarkikouille ! Il avait dégoté, je ne sais où, un trubidium effaceur à collagène sacerdotal, une arme terrible qui te permet de « gommer » instantanément tous ceux qui t'em... Il fit rapidement le vide dans la sombre cave où nous étions, me tendit une main charitable pour me ramener de la poutre au bord de la fosse. Mon petit couillon de sauveur se permit même un jeu de mots hâtivement bricolé : « Hé bé ! Voilà-ti-pas que mon Hémogloblak est d'équerre ! » En titubant, je m'engageais à sa suite. Grâce à son redoutable outil, le sous-sol, le rez-de-chaussée, et même le premier étage furent nettoyés pire qu'au Karcher cyberspatial.

    Le deuxième étage était une zone neutre où je pus récupérer mes esprits. Le trubidium effaceur n'avait plus de cartouche, mais on pouvait, avant d'aborder les deux derniers niveaux, choisir un nouveau partenaire. Ce petit futé de héros se décida pour un Skeletor Géant. J'étais dubitatif, les skeletors sont excellents en terrain découvert, d'une très grande force, mais aussi nunuches que la Cécile Duflot (celle qui, malgré de soit-disant études supérieures en Géographie, te situe le Japon dans l'hémisphère Sud). Il m'expliqua son plan : On ferait le sacrifice de notre nouveau compagnon en offrant ses os, et Dieu sait si un Skeletor en possède des centaines de belles dimensions, aux dogues géants de Nymphomnia. Avec un peu de chance, les bestiaux se jetteraient là-dessus, nous permettant de poursuivre l'aventure. C'était hasardeux, mais on n'avait guère d'autre choix. Même cet enfoiré de Lilian, qui avait laissé Sarkikouille choisir à sa guise, semblait d'accord. 

   Niveau 9 : Se fader le labyrinthe du troisième étage pour trouver l'escalier menant au niveau supérieur. Sarkikouille était obligé de donner la main à notre fada de Skeletor qui se serait irrémédiablement perdu si on l'avait laissé libre, ne fut-ce qu'une seconde. C'est donc moi qui ouvrait la marche : Bon, j'avais quand même un petit programme dans ma cervelle d'une force « CM2 amélioré » : Un labyrinthe, tu prends toujours à gauche ou toujours à droite. Bien sûr, c'est long et fastidieux, mais c'est sûr ! On avait, en outre, suffisamment de points d'énergie pour tenir un bon bout de temps. Et la galère commença ! Heureusement que le Lilian nous boosta en nous équipant de rollers à réaction transfusionnelle par amibiase sub-cutanée (Cela lui coûta tout de même trois fois 100 000 points!). A moment donné, on tomba dans une longue galerie pleine de larges fenêtres à main gauche. Stupeur ! Voilà que surgit un gus que je n'avais jamais vu dans le DVD. Un enviandé qui prétendait s'appeler Côme Hanssava De Coussy-Coussat, muni d'une épée aussi énorme qu'une connitude de Ségolène. Mais le sang-bleu avait la jactance facile, il commença à nous raconter sa vie en nous disant, notamment, qu'il descendait des croisés. Je l'ai donc fait passer par une fenêtre, pensant que ce serait lui rendre service que d'honorer ainsi ses morts. On s'est payé une bonne pinte de rigolade ! On était d'autant plus contents qu'on avait enfin atteint l'escalier menant au degré suprême. Par Acétamol, le moral était revenu !

   Ultime étape : On avait le cœur qui cognait en poussant la lourde porte de la salle du trésor. C'était magnifique ! L'or ruisselait partout sous les formes les plus diverses : pièces, médailles, bijoux, vaisselle, tickets restaurant et de l'Euromillion, bons de la Semeuse, cartes Pokémon, T-shirts Guess, etc... Le jackpot les amis ! On avait gagné ! Nous eûmes vingt secondes de bonheur absolu avant de voir débouler les chiens de guerre de la maîtresse des lieux. Et là, ça n'a pas traîné, on a poussé en avant ce pauvre fondu de Skeletor. Quel massacre ! La dizaine de cerbères te l'a entrepris de la belle façon ! Mais la ruse de Sarkikouille avait fonctionné, les redoutables canidés s'en donnaient à cœur joie avec les abattis de notre éphémère compagnon. Ils étaient bien trop occupés à rogner les os pour faire attention à nous. On en profita pour les occire par derrière, en traître, un à un. Un grand silence se fit alors, on écarta la lourde tenture damassée au fond de la pièce. Oh putentraille ! Par Simonie et Angon ! La reine Nymphomnia était là, somptueuse, elle balança une oeillade à Sarkikouille, le transformant aussitôt en tract écologiste... Bon, il n'y avait plus grand-chose à faire, j'allais certainement suivre dans la foulée...

     ...« Lilian ! C'est l'heure ! On doit rentrer à la maison pour te faire réviser ta table de 1 ! » Le déchet cousinesque soupira, mais fit une sauvegarde avec mot de passe perso très tarabiscoté. Comme il oublia de le confier à Kévin, je me retrouvais dans une situation plus qu'embarrassante et désespérée. Je ne le sus que bien plus tard, mais le papa de Lilian, qui était représentant en bandages herniaires, fut muté dans la semaine qui suivit en Mongolie Extérieure, il s'expatria donc avec sa petite famille vers cette riante contrée. Pour ce qui me concerne, Nymphomnia s'approcha de moi avec un regard normal. Par Oxisme ! Voilà qu'elle me caresse gentiment l'occiput, en me murmurant : « Hé bien, mon gros, tu vas donc remplacer mes chienchiens ! »...

     Nous sommes donc coincés pour l'éternité tous les deux au niveau 10, mais je suis décidément né avec la baraka. Bien sûr, je fais beaucoup moins la sieste qu'avant, mais je ne m'en plains pas car il y a des compensations. Ah oui, j'ai oublié de vous dire, ma Nymphomnia est zoophile !

Gérard- 2012

 

Note de l'auteur : Tous les Dieux invoqués dans le présent texte appartiennent à une mythologie bien particulière ; en gros, ce serait l'univers d'Alfred Jarry revisité par madame la rousse et Robert, le petit.

* = A l'époque, le siège du P.S. était rue de Solférino, à Paris.

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Art 04 - Quelques VIP de Gagaproduction

24 Janvier 2026 Publié dans #Art, #Informations générales, #Article

Je suis impardonnable, je ne mets pas assez à l'honneur quelques uns de mes correspondants, et également amis. Je leur demande de m'excuser en espérant que ce petit ajout impromptu leur fera plaisir !

1 / SIMONE BALDI ex BENNER

J'ai connu Simone dans les années 80 quand j'étais Principal au Collège Gérard PHILIPE à Marseille (cet établissement n'existe plus aujourd'hui), elle enseignait les Lettres. On appréciait chez elle sa modestie et son sourire, les élèves l'aimaient beaucoup... Elle m'avait une fois reçu chez elle avec le professeur d'Allemand de l'époque et nous avions pu noter déjà son hobby pour la peinture. Puis il y a eu des changements familiaux, des mutations, etc... et on s'est perdu de vue. Il y a quelques années, nous nous sommes rencontrés de nouveau pendant les séances mensuelles de notre CIQ (elle était alors très voisine de mon quartier). Comme nos rapports n'étaient plus hiérarchiques mais amicaux, on s'est alors tutoyés. Cela n'a pas duré très longtemps car elle vendit sa maison et se rapprocha de son petit-fils Antoine et des parents d'icelui à Turin, en Italie. Là, outre les relations familiales resserrées et une retraite bien méritée, elle s'adonna de plus à plus à l'art pictural. A telle enseigne que son talent est maintenant reconnu puisqu'elle expose bon nombre de ses oeuvres dans une galerie d'Art turinoise de renom. Si vous avez l'occasion d'aller à Turin ces temps-ci, je vous exhorte à visiter cette exposition qui doit se terminer vers la fin du mois je crois... Bravo Simone, toutes mes félicitations !

Si vous êtes sur facebook, vous pourrez l'entendre et voir quelques-uns de ses tableaux en cliquant sur le lien suivant : https://www.facebook.com/profile.php?id=61580937457439

Art 04 - Quelques VIP de Gagaproduction
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2/ Raphaël SEGURA

A part quelques échanges téléphoniques, nous ne nous sommes rencontrés en chair et en os qu'une unique fois, mais cela n'empêche évidemment pas une forte estime commune. Il fut le compagnon pendant des années de Jacqueline, la Directrice de SES avec qui j'ai travaillé cinq ans, toujours au Collège Gérard PHILIPE. Une belle histoire d'amour pleine de romantisme puisque ces deux-là se connurent très jeunes à l'Ecole Normale de Montpellier. Puis ils vécurent des existences différentes jusqu'à leurs retrouvailles, fort tard dans la vie. Professeur d'Arts Plastiques, Raphaël roula sa bosse (notamment plusieurs années à la Réunion) en touchant, avec bonheur, au Dessin aux crayons de couleurs et au fusain, à la peinture, la lithographie et _ mais oui ! _ à la poésie. Retiré de l'Education Nationale, il est maintenant un artiste reconnu dans bien des domaines, et en premier lieu la Peinture.  C'est un bon caractère, toujours enjoué, et d'une immense Culture. Jacqueline est maintenant décédée, et j'ai beaucoup de regret de ne pas les avoir visité à Montpellier quand il était encore temps. Vous retrouverez facilement ce Maître du pinceau et de la plume sur le web; sa notoriété est manifeste et vous n'aurez aucun mal à vous renseigner sur l'homme délicieux qu'il est.

Le site de base étant sa propre publication sur Internet : Accueil | Atelier Raphaël Segura 

Art 04 - Quelques VIP de Gagaproduction
Art 04 - Quelques VIP de Gagaproduction

3/ Jean-Claude ROMERA

Jean-Claude ! Ah Jean-Claude ! C'est mon ami d'excellence, si vous êtes un ancien de Gigaproduction Gérard C.", vous vous rappellerez sans doute que j'avais parlé de lui au fil de ses publications. C'est vraiment quelqu'un d'extraordinaire, il touche à tout et avec bonheur : Cultivé (beaucoup), omniscient (il a un avis éclairé sur de nombreux sujets), c'est aussi un fidèle en amitié. Quand je vous aurais dit qu'il est spirituel (cf ses calembours et ses aphorismes), qu'il est passé expert dans les romans d'intrigues policières et autres, qu'il fut le reporter méticuleux de plusieurs thèmes sur notre belle Provence, mais pas seulement... Il a pris nettement le virage de la photo il y a maintenant quelques décennies. Il faut reconnaître que c'est un véritable artiste de la Photographie, avec un grand "P". Sa qualité primordiale, c'est le souci esthétique (il recommence à enregistrer plusieurs fois le même sujet sous divers angles et par divers temps, jusqu'à ce qu'il soit satisfait)), mais il est aussi un perfectionniste pour légender ses vues (recherches historiques, enquêtes pour recueillir des anecdotes, etc...). Je vous recommande de lire ses productions, vous ne vous en lasserez pas. Pour ce faire, vous avez une liste détaillée dans l'article que lui a consacré Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Romera

Aujourd'hui, je ne vous parlerai que de son dernier-né "Marseille sous les lumières de la nuit". C'est un thème neuf que nul autre que lui n'a abordé en intégralité jusqu'à présent. C'est riche de jolies photos et de doctes explications, bref c'est un beau livre, un cadeau parfait destiné à ceux qui aiment Marseille. Toi aussi : Bravo Jean-Claude ! Continue à nous enchanter pour notre plus grand plaisir !

Dernière minute : Petit reportage sur cette dernière parution ici : https://www.facebook.com/reel/727977540391689

Art 04 - Quelques VIP de Gagaproduction
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NB : Le présent article est susceptible de modifications (correctifs et ajout d'illustrations), soyez assez aimable pour y jeter un coup d'oeil à l'occasion.

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Parcours initiatique

19 Octobre 2025 Publié dans #Article

Ce récit date de 2015. J'ai eu un moment l'envie d'actualiser tout ça, puis je me suis dit qu'il valait mieux laisser l'article "dans son jus". Que ceux qui sont défunctés depuis me pardonnent (La Reine d'Angleterre, Pavarotti, Jeanne Moreau, Mère Téresa, Johnny Hallyday et surtout le soporifique Jean-Claude Gaudin) ! Que ceux qui sont encore dans cette vallée de larmes se réjouissent que l'on puisse encore parler d'eux (Rachline, Sarkozy, Hollande, Mireille Mathieu, Lara Fabian, Bernard-Henri Lévy)! 

Parcours initiatique

Fin Mai 2015, au plein cœur de la grande saison des pluies en Guyane, un jet Falcon du GLAM faisait la liaison entre Kourou et l'aéroport de Cayenne-Rochambeau. A son bord, un équipage de deux hommes et six passagers : Le plus jeune sénateur français* _ David Rachline, 27 ans_, deux députés de moins de 40 ans et trois attachés parlementaires, dont une femme, également assez jeunes. Ils revenaient d'une inspection sur la base aérospatiale pour faire un rapport à la Commission de la Défense à leur retour à Paris. L'avion fut malmené, le mot est faible, dans un formidable orage magnétique qui dérégla ou mit en panne tous les indicateurs de vol, radars compris bien évidemment. La visibilité, au milieu de ce maelstrom d'eau, était nulle. Un plafond bas, noir, impénétrable... Puis ce fut le drame, la foudre s'abattit violemment sur la queue de dérive de l'appareil qui devint ingouvernable. Le Commandant de bord n'hésita plus, il ordonna à tous d'enfiler un parachute, descella la porte de l'appareil et demanda à chacun de sauter. Par une chance extraordinaire, les personnes présentes étaient en excellente condition physique, certains ayant même déjà pratiqué le parachutisme auparavant. Bien regroupés, ils atterrirent tous les huit sains et saufs et... Ô miracle ! Dans une zone non arborée et tout près d'une bourgade qu 'ils purent distinguer, malgré la pluie tropicale, à moins d'une centaine de mètres. Tous furent donc sauvés...

L'avion désemparé, quant à lui, continua à planer sur une poignée de dizaines de kilomètres avant de s'abattre dans l'épaisse et luxuriante forêt vierge guyanaise. Le Chef Pilote ayant pris le soin de couper tous les circuits possibles avant d'abandonner le Falcon, l'angle de pénétration relativement plat, la dense végétation qui amortit sensiblement l'impact, l'eau qui tombait à seau... plus une heureuse fortune, tous ces facteurs firent que l'avion ni n'explosa, ni ne prit feu, ni ne se désintégra outre mesure en touchant le sol. Bien sur, il se disloqua quelque peu offrant çà et là plusieurs béances.

o-0-o

Kapahunpoildesek, le Chef de la tribu des Kouyon-Kouyu, entendit, cette fin d'après-midi là, tout comme ses sujets, un énorme grondement un peu au-dessus de son village. Il fut étonné, mais pas outre mesure, que ce bruit ne fut pas occasionné par le tonnerre qui suit tout éclair normalement constitué, n'ayant vu aucune lueur dans les secondes antérieures. Il faut dire que son esprit était préoccupé par un autre problème depuis des lunes. Son fils, Kasspaléweps, venait d'entrer dans sa treizième année et il aurait à subir bientôt les rites initiatiques de passage à l'âge adulte comme il était de fradition chez les Kouyon-Kouyu depuis la nuit des temps.

Il faut dire que Kasspaléweps était le fils unique qu'il avait eu avec sa deuxième épouse Akekoukou, cette dernière et les trois autres femmes du chef ne lui avaient donné que des filles. Mais si ces demoiselles étaient toutes bâties comme des Sumos femelles, il n'en était pas de même pour son héritier, loin de là... Bien que joli garçon, il n'était pas bien épais, rêveur et pas téméraire pour deux sous. En contrepartie, il était malin, peut-être était-ce dû à ce missionnaire barbu qui, il y a un an, était resté dans la tribu presque sept mois à faire la causette avec quelques enfants du village, il avait appris leur dialecte mais, en retour, il leur avait enseigné un tas de petites choses qui se révélèrent astucieuses pour améliorer la vie de tous les jours. Evidemment, tous savaient ce qu'était un homme blanc. Sur une trentaine d'années, la tribu avait été visitée deux fois. Ce qui était considérable par rapport à feu le grand-père de Kasspaléweps qui, lui, n'en avait jamais vu. Tous savaient aussi qu'ils n'avaient rien à craindre de ces oiseaux ou libellules de fer qu'ils voyaient exceptionnellement dans le ciel, et même de ces énormes torches qui filaient de temps en temps vers les étoiles, là-bas, du côté de la mer, vers Kourou.

Kapahunpoildesek était dubitatif, les anciens et le sorcier ne lui feraient pas de cadeau pour l'initiation de Kasspaléweps. Etant appelé à lui succéder un jour, ces salauds allaient certainement lui mitonner des épreuves plus terribles les unes que les autres. Et si le fiston ne s'en sortait pas en déclarant forfait, le malheureux adolescent serait castré, sodomisé, ravalé au rang d'esclave dans le meilleur des cas, ou boulotté quasiment tout cru dans la pire éventualité. D'autant plus que, pour ce qui le concernait personnellement, son charisme de Chef en prendrait un sacré coup et que l'avènement d'un prétendant-dominant, comme Konhanplin son rival de toujours, n'était pas à exclure. On a fait des révolutions pour moins que ça !

o-0-o

« Zoziau kapout ! Zoziau kapout ! » Ce cri, entonné par quelques jeunes, le fit sortir de ses amères pensées. Ils étaient en train de rameuter les villageois en leur signifiant le crash de l'avion. Malgré qu'il plût des lianes, le Chef et quelques autres gravirent la colline pour aller sur le lieu de l'accident. Avec empressement, ils investirent la carlingue à la recherche de victimes Mais, va te faire f..., ils ne trouvèrent personne. Kapahunpoildesek prononça alors de sages paroles : Ce tas de ferraille-fantôme serait encore là demain, la nuit n'allait pas tarder à tomber, il pleuvait comme pécari qui pisse, rendez-vous donc de tous les guerriers valides autour de l'épave au prochain lever du soleil.

En fait, le lendemain le soleil était revenu et c'est quasiment tout le village qui était en cercle autour du Falcon. Malgré son jeune âge, Tatoukonpri, le meilleur ami de Kasspaléweps, demanda à prendre la parole. Il déclara qu'il avait été le meilleur élève du missionnaire et qu'il connaissait certains secrets des blancs. Il y avait dans ce tas de décombres deux caissettes orangées qui permettraient, par une quelconque diablerie, aux libellules de fer de repérer instantanément l'appareil. Pour être tranquilles avant tout pillage, la priorité serait de retrouver ces deux objets et de les détruire. Le Chef approuva, tous se précipitèrent qui avec des madriers, qui avec des machettes et même un qui avait déjà récupéré une hache d'incendie. Moins de dix minutes de recherche et les deux caisses que ces cons de blancs appelaient « boîtes noires » gisaient aux pieds du Chef. Mais il fut impossible de les ouvrir, on utilisa alors de grosses pierres mais les armatures d'acier furent à peine cabossées. Un vieux sage, Kulotakaka, exposa son idée : On mettrait les deux engins sur la pirogue la plus pourrie du village, on positionnerait ladite pirogue au milieu de leur large rivière qui était un affluent de la Sinnamary**, il y aurait alors deux possibilités : Soit la pirogue finirait par couler et à s'enfoncer dans l'épaisse vase du lit, soit elle tiendrait le coup pendant environ trois kilomètres en aval jusqu'aux impressionnantes chutes d'Akwaland, et là ce serait aussi makache pour que les blancs, à la condition miraculeuse qu'ils retrouvent lesdites boîtes, puissent comprendre ce qui avait bien pu se passer. Ainsi fut fait...

De nouveau, tous les villageois se retrouvèrent autour de la carlingue et le Chef ordonna le début du sac. Ce fut une ruée sauvage ! Les plus forts bousculaient les plus faibles, des cris, des empoignades... Le grand nettoyage avait commencé. On se jeta d'abord sur les valises pour en voler toute la lingerie. Puis ce fut le tour des armoires que l'on vida des rares bouteilles d'alcool non brisées au moment de l'impact. Beaucoup s'envoyèrent des rasades conséquentes de whisky, de cognac, de pastis pur, de calvados, etc... et même de l'aftershave ou du 5 de Chanel des bagages et de l'alcool à 90° de l'armoire à pharmacie. Ils ne tardèrent pas à être aussi ronds qu'un tatou se mettant en boule. D'autres saccagèrent les cartables, mallettes et attaché-cases et firent main basse sur des liasses et des liasses de papiers. Pendant des semaines, ils se torchèrent avec des feuilles tamponnées « Top classified », « Confidentiel-Défense », « Plans d'Ariane 23-Ultra Secret », voire même avec des pages comportant la signature prestigieuse du Président de la République... Puis vint le tour des femmes suivies des enfants. Elles se précipitèrent sur les rideaux des hublots et commencèrent à entamer la moquette. Kasspaléweps se fit durement bousculer par une de ses sœurs, ou demie-soeur, ou « double-soeur » qui arracha un fauteuil aussi facilement qu'elle aurait plumé un toucan. Jusqu'à présent, il n'avait pu récupérer pour son compte que deux magazines qui trainaient ; il fut jeté au sol par toutes ces furies. A plat ventre, il constata que les fauteuils s'enlevaient maintenant aussi vite que des places pour un match PSG-OM. Dans cet espace nouvellement dégagé, il aperçut alors un petit objet métallique oblong gisant sur le plancher, il s'en saisit prestement. Cela ferait une amulette originale pendue à son cou. Il n'était d'ailleurs pas le seul à vouloir ce genre de colifichet et il faut dire que le tableau de bord du poste de pilotage combla tous les amateurs du genre. Des parures « new look » firent leur apparition dans la tribu : Un tel se baladait avec le cadran de l'altimètre, tel autre exhibait fièrement le manomètre de pression d'huile, tel autre encore se fit un joli collier avec les indicateurs de niveaux de kérosène, le plus chic fut tout de même celui qui réussit à se mettre en bandoulière le distributeur de papier hygiénique des toilettes.

Complètement récuré, au bout de deux heures de temps, l'épave, ou du moins ce qu'il en restait, n'aurait même pas intéressé un quelconque percepteur métropolitain. Certaines plaques métalliques furent également arrachées pour consolider les toitures des cases. Bientôt, la végétation recouvrirait entièrement tout ça, et bien finaud serait l'observateur aérien qui pourrait repérer quelque chose. D'ailleurs, il n'en fut pas question. Un hélicoptère (= libellule de fer) fit bien quelques rotations dans la semaine qui suivit mais c'était très à l'ouest et jamais un aéronef ne passa au-dessus du village. Ceux qui organisèrent les recherches, sachant qu'il n'y avait pas eu de victime, ne trouvèrent pas les « boîtes noires » et ils finirent par se dire que plutôt que de chercher une aiguille dans une botte de foin et de dépenser à perte l'argent du contribuable il valait mieux abandonner leur quête. L'avion, perdu à jamais dans la forêt amazonienne, serait de toute façon bientôt phagocyté par l'inextricable végétation.

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Au village, après trois ou quatre jours d'euphorie, la vie reprenait son cours. Parmi les trésors raflés dans l'épave, Konhanplin avait eu son heure de gloire. Il s'était emparé d'une lampe torche et il suscitait l'étonnement émerveillé de tous, sorcier compris, en la faisant fonctionner. Même le Chef avait tremblé pendant 24 heures que cet abruti ne lui prenne sa place grâce à l'aura sacrée de sa trouvaille. Le hic vint de ce que son rival n'arrêtait pas de faire « jour-nuit » à la moindre demande, et même qu'il laissa la lampe allumée le premier soir à l'entrée de sa case. Bien évidemment, la pile de l'ustensile avait rendu l'âme au petit matin. Il passa de nouveau pour un... imbécile, mais Kapahunpoildesek avait eu chaud !

Kasspaléweps était observateur, il s'était alors rendu compte que les appareils magiques des blancs ne devaient être utilisés qu'en cas de réelle nécessité ou qu'il y avait à l'intérieur de ces objets un génie qui avait forcément une vie limitée. Il avait conservé ses deux magazines et, en l'affublant d'une cordelette, s'était pendu sa rapine au cou (...et non pas au c..!). C'était en fait un lecteur MP3 muni d'un haut-parleur ; mais bien sur, il ignorait l'usage d'un tel grigri.

Le cinquième matin d'après la chute de l'avion, très tôt, à l'écart du village, bien isolé, il examina de plus près l'objet. Outre des trous qui faisaient un cercle, il repéra deux boutons et une roue à molette. Il appuya sur le premier bouton qui était rouge : Une voix inepte et incompréhensible sortit alors des trous noirs. Comme c'était particulièrement chiant, il appuya sur le second bouton, une autre voix se fit entendre, tout aussi ennuyeuse que la première. Il actionna alors la molette et constata qu'il pouvait régler le volume sonore comme il voulait en faisant tourner, dans un sens ou dans l'autre, la roue crantée.

C'étaient deux extraits de discours de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Se considérant comme particulièrement malchanceux dans la ventilation du butin, Kasspaléweps était bien déçu et appuya de nouveau sur le bouton rouge. L'appareil s'arrêta de fonctionner. Il en déduisit que le premier bouton _ le rouge _ mettait en œuvre l'objet, que le second délivrait au hasard des tissus de conneries plus grosses les unes que les autres, et que la roue permettait de varier l'intensité du son. Entre nous, il avait presque tout compris à part que le second bouton était un sélecteur de programmes mais... qu'est-ce qu'il en avait à f... ! Il y avait encore d'autres boutons mais il se jura de ne jamais les utiliser tant le peu de valeur de son soit-disant talisman lui sautait aux yeux. C'est à ce moment-là qu'il entendit la voix de son copain Tatoukonpri qui l'appelait. Il se signala alors, son pote lui dit que le grand jour était arrivé pour lui et qu'on l'attendait sur la place du village. Avant peu, ou il serait devenu un homme, ou il n'aurait plus qu'à prier les Dieux de disparaître en douceur de la surface de la Terre.

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Kasspaléweps était impressionné, tous les habitants faisaient un large cercle autour de la place. Au centre, se trouvait la totalité des guerriers les plus forts en gueule de la tribu. Le sorcier s'avança vers lui et lui dit qu'on allait d'abord tester l'ascendant qu'il pouvait avoir sur une troupe survoltée en tentant de la calmer. Au signal du sorcier, les guerriers se mirent à vociférer, à brandir leurs lances, à l'invectiver grossièrement et à le rudoyer en le poussant de ci de là comme au jeu de la bouteille saoule. Vite, vite, Kasspaléweps commença alors à déchirer toutes les pages de son premier magazine et à les distribuer çà et là à chaque homme. Jaillirent alors des « Ofandechichourl' », des « Rogntudju ! », des « ¨Wâlasalop ! », des « Oputindemerd ! », etc, etc... Les guerriers quittèrent alors subrepticement la place pour aller se masturber dans un coin tranquille. Tous sauf un résidu au milieu de la place, ce pauvre Okilékon, l'albinos demeuré de la tribu, résultat déplorable de consanguinités multiples. Kasspaléweps déchira alors une page du deuxième magazine et la lui tendit. Les yeux exorbités, il cria plus fort que ses petits copains en se lançant dans une branlette sévère et ostentatoire mais qui prouvait un contentement bien supérieur aux autres hommes.

Toutes les pages venaient d'un numéro spécial XXX-Hard de « Sexy-Parade », sauf Okilékon qui avait hérité d'un portrait récent de Jeanne Moreau. En tout cas, force était de constater que le digne fils du Chef avait bel et bien réussi sa première épreuve, la place étant devenue rapidement aussi calme qu'une session plénière du Sénat.

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« Bon, cépatoussa, passonhahot'choz ! » déclara alors le sorcier sur un ton sentencieux. La deuxième épreuve les amenèrent à un marigot vaste mais peu profond bien au Sud du village. Le fils du Chef devait se constituer un frêle esquif à partir de six branches de spongiodium, pas plus, reliées entre elles par deux simples cordes. Avec un long bâton, debout sur sa sorte de « planche », Kasspaléweps devait traverser le marigot dans sa plus grande largeur. Kapahunpoildesek blêmit, cet endroit était connu pour être infesté de caïmans voraces, ils ne tarderaient pas à faire se renverser le micro-radeau et à dépecer son malheureux fils. Ce dernier n'en menait effectivement pas large et il serrait les fesses autant que Mère Térésa l'aurait fait en fendant un groupe de sodomites. A peine avait-il quitté la rive que des dizaines de « Plouf ! » se firent entendre. Une bonne trentaine de sauriens s'était mise à l'eau et de longues gueules effilées se dirigeaient droit sur lui. Paniqué (mais presque***), le pauvre garçon porta alors sa main à son cou. En hâte, il appuya sur le bouton rouge, tapota fébrilement sur le deuxième bouton et tourna la molette à fond. Le résultat fut prodigieux, jamais on entendit une telle sirène d'alerte se déclencher ainsi. Ca gueulait, ça vociférait, ça hurlait dans tous les azimuts ! Il y eut bien un moment d'affolement pour les gens restés sur la berge, et tous se bouchèrent les oreilles de leur mieux. Mais l'effet de ces stridulations tonitruantes fut encore plus extraordinaire sur les caïmans. Quand ils perçurent ce vacarme, ils firent rapidement demi-tour pour s'éloigner le plus loin possible de cette formidable source sonore. Tout à son étonnement, Kasspaléweps mena ainsi sans difficulté son embarcation jusqu'à la rive opposée, puis manoeuvra sa perche à deux mains pour la faire tourner. C'est à cet instant qu'il eut la plus grande frousse de sa vie : Voilà-ti pas que le morceau de boucan était fini, il y eut quelques secondes d'un silence mortel seulement interrompu par des dizaines de « Plouf ! ». Les caïmans revenaient à la charge et il était bien incapable, occupé par le demi-tour, de retoucher à son fétiche. Bien lui en prit, car un fracas aussi épouvantable que tout à l'heure se remit à s'échapper de son bidule. C'était un tapage sur un tempo un peu différent , mais ce deuxième morceau était tout aussi terrifiant que le premier. La réaction des cruels reptiles fut alors identique et Kasspaléweps put rejoindre ses frères dont certains l'acclamèrent, mais surtout tous le supplièrent à genoux de cesser ces monstruosités vocales. Il appuya donc sur le bouton rouge.

Il est bien évident, tout le monde l'aura aisément compris, qu'à l'aller, on avait eu droit à « Mon credo » de Mireille Mathieu, et au retour à « Je t'aime » de Lara Fabian. 

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En cortège, on se rendit alors vers le lieu de la troisième épreuve. C'était extrêmement risqué. Il s'agissait de traverser le bosquet des singes hurleurs. Plusieurs clans de ces animaux avaient en effet choisi d'élire domicile dans un endroit bien délimité de la forêt. En soi, un singe hurleur est presque inoffensif, mais ces bestioles-là détestent au plus haut point deux choses : Qu'on les regarde droit dans les yeux et que l'on soit sur leur territoire. Là, en plus des vociférations qui les caractérisent, ils peuvent se montrer très agressifs et vous tomber sur le paletot par dizaines. Et quand on sait que leurs mâchoires puissantes sont munies de dents particulièrement coupantes, il faut craindre de douloureuses morsures à répétition qui peuvent, dans les trois-quarts des cas, entraîner une mort spécialement affreuse par hémorragies multiples. La belle-mère de Kapahunpoildesek, Nakunnfess, en savait quelque chose ! Elle avait été cruellement mordue au fondement dans sa jeunesse par un seul singe, et il lui manquait depuis une bonne partie de l'arrière-train. Elle avait surtout recommandé à son petit-fils de faire encore moins de bruit qu'un pet de moustique. Le silence le plus absolu était de rigueur si on voulait avoir quelque chance d'en réchapper. Kasspaléweps se dit alors qu'il ne serait pas question d'utiliser son amulette magique, bien au contraire. Il s'engagea à pas feutrés dans le bosquet avec le second magazine ouvert à moitié sur la tête. Cela lui servirait de visière pour éviter d'affronter la prunelle des simiesques. Il n'avait pas fait trois enjambées dans le fourré maudit que les hurlements décuplèrent, les singes l'avaient repéré et quatre d'entre eux s'avançaient effrontément vers lui en exhibant leurs énormes canines baveuses et en gesticulant, faisant des sauts prodigieux, bondissant de branche en branche. L'infortuné gamin se dit alors que c'était râpé pour l'effet de surprise et qu'il allait être consommé sur le champ. N'ayant plus rien à perdre, il prit sa revue, en déchira hâtivement quatre pages au hasard et les distribua aux quatre mahousses-costauds qui en étaient maintenant pratiquement à toucher ses mollets. Chacun se saisit d'une page, roula des yeux, expectora bruyamment et bondit sur une branche en lançant un puissant cri de ralliement en direction de ses congénères. Quatre groupes se formèrent alors dans les ramées, au centre se tenait le singe hurleur possédant un feuillet, d'autres l'entouraient, à droite, à gauche, au dessus, zyeutant par dessus les épaules les illustrations. Il y eut d'abord un léger remous de borborygmes d'interrogation, mais cela ne dura pas. Tout à coup, l'un d'entre eux laissa échapper un petit gloussement qui ne tarda pas à s'enfler et surtout à s'étendre à toute la colonie. Aux ricanements du début succédèrent des rires franchement sonores. Et ça ne s'arrêta pas là, les singes se tapaient sur les cuisses, il suffisait d'un nouveau coup d'oeil sur la feuille pour qu'ils s'envoyassent de grandes tapes dans le dos en se bidonnant comme c'est pas permis. Et vas-y que je pouffe, vas-y que tu te gondoles, vas-y qu'il se torde, vas-y que nous nous estrassons, vas-y que vous vous poilez, vas-y qu'ils s'esclaffent... C'était l'hilarité générale ! Les larmes aux yeux et les côtes tressautantes, ils laissèrent très volontiers Kasspaléweps traverser leur aire de cantonnement. Il en était tout ébaubi d'ailleurs, il consulta le reste de son « Gala », mais la trombine rébarbative de la Reine d'Angleterre ou les ruines décrépites de Johnny Hallyday ne le déridèrent pas vraiment. Franchement, il ne comprenait pas ce qui avait pu se passer …

En fait il s'agissait d'un article sur Bernard-Henri Lévy où de nombreuses photos le montrait, avec ou sans tarte sur la tronche.

Note de la Rédaction : Très récemment, un groupe de zoologues en exploration dans la forêt guyanaise a fait la découverte d'une toute nouvelle race de singe jamais observée auparavant. Compte tenu de leurs caractéristiques bien particulières, ils ont baptisé cette sous-catégorie de primates : Les singes rigoleurs. 

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La quatrième et dernière épreuve de l'initiation de Kasspaléweps était la plus redoutable. Elle demandait aussi quelque préparation. C'est pourquoi elle n'eut lieu que le lendemain après-midi. Le matin de bonne heure, tous les guerriers de la tribu avaient battu la forêt pour débusquer le plus gros félin du continent américain : Le jaguar. En martelant leurs lances sur le sol en rythme, en tapant sur des troncs creux, ils avaient réussi à en traquer un. Par de savantes manœuvres, ils l'avaient encerclé et acculé à la falaise moussue de Tuvakrevé. Le challenge était d'affronter la bête et de la tuer ou de la capturer. On avait tendu de lourds et hauts filets de lianes en demi-cercle au pied de la falaise, formant ainsi une sorte d'arène.

Kapahunpoildesek eut beau protester en disant que ce genre de brimade n'avait jamais été programmée pour quiconque auparavant, que c'était pas de jeu ; que son fils, même muni d'une corde et d'un javelot, ne s'en sortirait pas et que si on voulait sa mort, on n'avait qu'à le dire tout de suite. Il lui fut répondu par le sarcastique sorcier que l'initiation d'un futur Chef de tribu était conséquemment plus difficile, et que s'il voulait qu'on s'arrête là, il n'avait qu'à abdiquer illico presto, et à remettre son pouvoir à quelqu'un d'autre, à Konhanplin par exemple ! Les clins d'oeil qu'échangèrent sorcier et Konhanplin firent comprendre au Chef qu'il était victime d'un complot. Il était piégé. Pour garder son job, il fit alors des adieux émouvants à son fiston avant que celui-ci ne rentre dans l'arène improvisée ; il songeait aussi à prendre bientôt une cinquième épouse qui lui donnerait peut-être un autre garçon. Parce que, pour ce qui était de Kasspaléweps, il le voyait déjà mort, donc non coté à l'Argus des chefs de tribus...

En manipulant les filets, les hommes faisaient en sorte que l'aire du combat soit de moins en moins importante, et ce qui devait arriver arriva. Le jeune garçon se trouva bientôt à quelques mètres du jaguar. C'était un spécimen magnifique, un superbe mâle tout en muscles, feulant et crachant sa colère. Kasspaléweps visa de son mieux et lança son javelot. Peine perdue, l'animal évita sans peine ce tir en faisant un bond sur le côté. Il se souvint alors de son fétiche qu'il n'avait plus touché depuis le marigot et actionna le bouton rouge. L'organe destructeur de Pavarotti gêna tout le monde sauf le jaguar qui, davantage énervé, se faisait encore plus menaçant en se rapprochant de lui. Kasspaléweps déchira une feuille de son « Gala » et en fit deux boulettes de papier dans l'intention de se les introduire dans les oreilles,  mais le félin avançait toujours. Voyant que la recette précédente n'opérait pas, il tapota de nouveau nerveusement l'autre bouton. Pas de chance ! Ce qui s'échappa des trous noirs ressemblait à ses deux premiers essais de la veille, c'était un monologue fastidieux, une longue diarrhée verbale sans queue ni tête qui ne pourrait, en aucun cas, stopper un jaguar furieux. Résolu au sacrifice suprême, il se positionna ses deux bouchons de papier dans les oreilles et ferma les yeux pour ne pas entendre, ni voir la mort qui venait. Il ne faudrait qu'un quart de seconde au jaguar pour lui sauter à la gorge et le faire passer de vie à trépas. Pourtant, le temps sembla s'éterniser, il rouvrit les yeux. Il perçut alors un changement dans l'attitude du carnassier, celui-ci marchait toujours vers lui, mais de plus en plus lentement et même en zigzaguant légèrement. Il était comme envahi par une sorte de torpeur, il avait des difficultés à conserver son regard menaçant, les paupières du monstre semblaient devenir lourdes, lourdes, lourdes... Et paf ! Le jaguar s'écroula à ses pieds, ronflant comme un sonneur.

Kasspaléweps ne chercha pas le pourquoi du comment. Avec sa corde, il rassembla en quatrième vitesse les pattes de l'animal et les ligota bien fort. C'en était fini, ainsi entravé, la bête ne pourrait plus bouger. Le regard victorieux, il se tourna alors vers ceux de sa tribu. Stupeur ! Ils dormaient tous ! Son père, le sorcier, les guerriers affalés sur le filet. Quel était donc ce prodige ? Kasspaléweps appuya sur le bouton rouge et enleva ses bouchons d'oreille.

Il secoua alors tous les gens pour les réveiller. Ceux-ci émergèrent de leurs songes et constatèrent le succès éclatant du jeune garçon. Même le sorcier dut homologuer l'exploit et déclarer solennellement que Kasspaléweps était désormais un homme. Le père était fier comme un oiseau-lyre et il étreignit son héroïque fils avec une émotion non feinte, la pérennité de sa lignée au sein des Kouyon-Kouyu était assurée... Plein de reconnaissance, et bien après que ses batteries soient mortes, Kasspaléweps pensa pendant très longtemps : « La magie des blancs, ça y'en a être bon ! »

Jamais Kasspaléweps ne sut qu'il devait la vie sauve à un discours de Jean-Claude Gaudin.

Gérard - 2015

*: ...à l'époque, naturellement ! **: Ne cherchez pas de jeu de mots, c'est un authentique cours d'eau guyanais. ***: Désolé, c'est plus fort que moi, je ne peux pas m'empêcher de la resservir celle-là.

Parcours initiatique

Note de l'auteur : Les ceusses qui en viendraient à souiller davantage le portrait de Mlle Moreau sont priés de se faire connaître pour que je les radie à jamais de la liste des visiteurs de Gagaproduction. C'est un blog sérieux ici, quoi m...!

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Le lancer de quidam

19 Juin 2024 Publié dans #Article

Le lancer de quidam

La vieille momie que je ressuscite aujourd'hui date de fin Juillet 2010. J'ai dû remanier les textes, couper par ici, additionner par là... Mais c'est surtout au point de vue iconographique que j'ai "engraissé" mon article. Vous trouverez en effet pas mal d'images nouvelles par rapport à l'article primitif. J'espère que vous continuerez à en apprécier l'humour. 

Il y a quelques années, l'opinion publique s'était justement émue de la pratique inconsidérée du « lancer de nain » dans les boîtes branchées fréquentées par la Jet-set.

Le lancer de quidam

Ce n'était pas le geste en lui-même qui était répréhensible, mais la façon de le finaliser. Bref, on prenait son nain, on le balançait n'importe comment et un peu n'importe où, sans se soucier si la chute d'icelui était esthétiquement valable et sportivement acceptable.

Le lancer de quidam

Outre le fait qu'on montrait un certain ostracisme à ne promouvoir que les gens de petite taille, beaucoup d'associations sont monté au créneau et ont commencé à submerger le Comité International Olympique de pétitions chaque jour plus nombreuses pour exiger une codification impartiale et précise de la discipline-reine de demain: Le lancer de quidam.

Le C.I.O. a bien été obligé, devant l'insistance impérieuse des néo-sportifs, de prendre en compte cette légitime attente de presque toutes les nations du globe. Non seulement ce sport a été internationalement pérennisé, mais il sera reconnu comme officielle compétition olympique lors des prochains Jeux...

HISTORIQUE

Hélas ! Le phénomène est loin d'être nouveau ! Nous vous renvoyons à vos chères études classiques pour vous remémorer, « mythologiquement » parlant, la projection de l'infortuné Lycas (ou Lichas) dans la mer Eubée par Hercule. Petits rappels pictural et statuaire ci-après :

Le lancer de quidam
Le lancer de quidam

Plus près de nous, on s'aperçoit que Saint Antoine de Padoue n'était pas très tendre quand il s'agissait d'être l'intercesseur entre le Ciel (Jésus Christ) et les hommes ; le sculpteur contemporain Lorenzo Quinn ne s'y est pas trompé :

Le lancer de quidam

Plus près dans le temps, on voit les séquelles d'un lourd passé: Beaucoup de ces fameux membres de la Jet-set persistent dans leurs errements. On voit ici deux femmes éminemment célèbres ne pouvant résister à l'envie d'envoyer valdinguer un pauvre avorton, tout à fait dans l'ignorance de ce qui l'attend. Pauvre petite chose! Notre coeur s'étreint et s'émeut devant tant de violence gratuite:

Le lancer de quidam

LES INTERDICTIONS

Les entraînements prohibés:

A/ Avec des jeunes : Il est depuis longtemps interdit de s'exercer à cette dure compétition avec des enfants en bas âge. Mais il n'en a pas toujours été ainsi. Par exemple, si nous prenons en considération la première nation pédérastique au monde, à savoir la Turquie*, on trouve encore, à l'entrée du stade d'Ankara**, cette statue dédiée au plus grand lanceur pédéraste de tous les temps Ajèm Lékuku-Débébeh. Jack Lang, ancien Ministre de la Culture, est un ascète stylite en comparaison.

  • *= Vous connaissez tous « Qu'est-ce qu'une vierge turque? Une petite fille qui court plus vite que son père! »

  • **= Fake, il s'agit du parc Vigeland à Oslo.

Le lancer de quidam

Dieu merci, nous autres occidentaux sommes des millions de fois plus civilisés, et nous avons commencé à édicter quelques règles de bon sens dans le droit fil d'un sain esprit sportif!

Il est donc formellement interdit de pratiquer, dans quelque domaine que ce soit _ training ou compétition _ le lancer de bébé. Ces images d'un passé récent ne peuvent que nous faire éclater en sanglots:

Le lancer de quidam
Le lancer de quidam
Le lancer de quidam

Strictement prohibé aussi, le lancer de bébé revêtant un aspect nutritif pour la faune :

Le lancer de quidam

Les autres interdictions qui suivent ci-après tombent évidemment sous le sens :

Le lancer de quidam
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Les Associations de défense de la Jeunesse sont intervenues en masse pour prolonger cette interdiction jusqu'à 16 ans révolus. Finies donc ces jets de jeunes éphèbes dans l'éther constellé de mondes parallèles qui nous observent et nous jugent !

Le lancer de quidam

B/ Les lancers à plusieurs :

De la même façon, d'autres interdictions formelles sont venues encadrer cette discipline pour le plus grand plaisir de notre sens esthétique.

La statuaire moderne a eu beau représenter un exemple, le lancer de quidam est immédiatement hors-concours à partir de 2 personnes. Même s'il y a un côté festif à la chose, exit donc les lancers par des groupes.

Le lancer de quidam
Le lancer de quidam
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Le lancer de quidam
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C/ Dans l'eau :

Parce qu'on pourrait frauduleusement s'aider de la poussée d'Archimède, les groupes régulateurs ont aussi sagement prévu d'interdire les lancers à partir de tout élément liquide.

 

Le lancer de quidam

D/ Près d'une source de chaleur :​​​​​​​

De la même manière, et parce que l'air chaud faciliterait la montée ascensionnelle des corps, il est strictement verboten d'effectuer un lancer dans une aire où il y aurait une source importante de chaleur.

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E/ Lancer ou maintien à l'aide d'un appareil :

Cette sorte d'envoi ne respectant en rien l'éthique de la prestation sportive, tout instrument facilitant la propulsion est fort heureusement censuré. De la même façon, les structures, métalliques ou non, qui pourraient servir de tuteurs pour maintenir le sujet ne sont pas autorisées.

Le lancer de quidam
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F/ Le lancer d'animaux :

Peut-être un jour cette catégorie verra-t-elle le jour; en attendant, ce genre de lancer n'est ni autorisé, ni homologable.

 

Le lancer de quidam
Le lancer de quidam

Il va naturellement de soi qu'on ne saurait concevoir que les bêtes exercent cette discipline entre elles, quoique...

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F/ Point de réglementation encore en suspens : Le lancer conjugal :

Cette mesure fait encore débat dans les instances concernées : Un conjoint peut-il expédier dans l'azur son (ou sa) légitime partenaire ? Le Comité Olympique a promis de se prononcer dans les plus brefs délais. Restant dans l'expectative, et pour éviter toute poursuite judiciaire, Gagaproduction a choisi de n'illustrer son propos que par un dessin. Wait and see, l'avenir nous dira bientôt ce qu'il faudra en penser.

Le lancer de quidam

LES CRITERES D'EXCELLENCE

En fait, ce qui compte, ce n'est plus tellement la portée, quoiqu'une certaine puissance musculaire reste indispensable pour propulser le quidam à une distance respectable du lanceur. La notation se fait essentiellement sur la TECHNIQUE (le lanceur, son tour de main, sa prise d'élan, etc...) et le résultat ARTISTIQUE ( le lancé, la beauté de l'impact, la position finale à la réception, etc...)

Nous négligerons ce qu'on pourrait bien appeler des "actes manqués" avec beaucoup de mansuétude, sinon des "actes brouillons" qui ne comportent aucun signe de réelle volonté sportive ou/et artistique. Les 4 exemples ci-après sont assez explicites pour vous montrer ce genre de médiocrité :

 

Le lancer de quidam
Le lancer de quidam
Le lancer de quidam
Le lancer de quidam

Autre acte manqué est l'auto-lancer involontaire. C'est extrêmement rare, mais ça arrive. Voyez donc ce délinquant qui a voulu s'extraire d'un véhicule de Police. Le résultat est nettement catastrophique :

Le lancer de quidam

Pour ce qui concerne le geste initial du lancer, vous allez vite comprendre ce qu'il est souhaitable de faire grâce à quelques illustrations: Voici d'abord une jeune fille en train de satelliser son géniteur avec énormément de technique: Effet de puissance par rotation du torse, bons appuis au sol, la prise par le pied est tout à fait classique. C'est un très beau geste et le résultat devrait être des meilleurs (cf plus loin ce même papa sur un building en construction).

Le lancer de quidam

Encore 3 images de début de lancer de très bonne facture; on admirera au passage l'élégance, la finesse et le raffinement de la dernière photo :

Le lancer de quidam
Le lancer de quidam
Le lancer de quidam

Pour les 2 illustrations ci-après, on ne peut juger des résultats des lancers, mais ils sont très prometteurs car le geste est fort beau: Le « lancé » est en bonne position, bien  vertical, l'impact devrait être des plus achevés!

Le lancer de quidam
Le lancer de quidam

Exemples d'évaluations

Je pense que vous avez maintenant saisi ce que l'on attend d'une compétition aussi importante. Nous allons nous attacher à étudier, cas après cas, et dans un ordre crescendo ce que l'on peut faire de pire comme de meilleur dans cette discipline.

Le lancer de quidam

1 - Ci-dessus : La Technique est au plus bas: Aucune pénétration, fondement proéminent qui annihile tout espoir de médaille. Franchement, c'est se mosquée du monde!

2 - Ci-dessous : D'un point de vue artistique, le sujet est une ligne brisée sans esthétisme aucun, enfin le costume est très mal choisi, même une serpillière usagée aurait fait plus d'effet!

Le lancer de quidam

3/ Même réflexion que précédemment, à part pour l'habillement... mais pas terrible quand même :

Le lancer de quidam

4/ Ici, la maîtrise technique est satisfaisante car l'angle formé entre le corps et le sol est bien de 90°. Hélas, le sujet, bien que gardant ses bras bien enfouis, n'en fait pas de même avec ses jambe qui déparent gravement l'ensemble. Dommage!

Le lancer de quidam

5/ Techniquement parlant, il y a un léger mieux : bonne pénétration si on fait fi de l'angle d'attaque, bras alignés... Mais le lancé est tout de guingois et ne tient la position, comme dans l'exemple précédent, que par l'assise de ses genoux.

Dans le même ordre d'idée, il nous faut bien parler du terrain de réception. Plus est malléable (=mou ; exemples : boue, neige, chamallow, lave en fusion, Laurence Boccolini, etc...), plus la pénétration est conséquente et est un facilitateur de l'aspect artistique :

Le lancer de quidam
Le lancer de quidam
Le lancer de quidam

6/ L'exemple suivant n'est pas probant puisqu'il s'agit d'un mannequin de vitrine. Mais on est là pour s'amuser s'pas ? Alors je le publie rien que pour le fun :

 

Le lancer de quidam

7/ Pour l'image suivante, on pourrait s'amuser un chouïa en reprenant sur l'air des lampions "C'est pas d'la soupe, c'est du rata, c'est pas d'la m..., mais ça viendra !" :

Le lancer de quidam

Mais il ne faut pas exagérer dans ces domaines, car la notation peut devenir problématique :

Le lancer de quidam

8/ Je voudrais encore faire une petite parenthèse sur le lieu de réception : Autant le geste peut être impeccable, autant la réception soit merveilleuse, autant le "tanquage" soit d'une remarquable habileté, il n'en reste pas moins que les futurs juges de cette discipline ont prévenu, d'ores et déjà, qu'ils refuseraient de se prononcer si le lieu de réception est contraire aux bonnes moeurs et à la bienséance. Voici donc 4 exemples qui n'ont aucune chance d'être homologués :

Le lancer de quidam
Le lancer de quidam
Le lancer de quidam
Le lancer de quidam

9/ Jeunes gens ! Vous êtes donc avertis ! J'ajouterais un conseil : Si vous pouvez vous le permettre, AYEZ UN COACH ! Il connait les règles, il sait comment vous entraîner, il saura toujours tirer de meilleur de vous-même ! Evidemment, ils sont encore rares et chers, mais l'expansion de ce nouveau sport devrait faire naître des vocations plus nombreuses et, par voie de conséquence, cela devrait faire baisser les prix...

Le lancer de quidam

10/ Alors que la pénétration est dans l'ensemble satisfaisante, voire même de qualité, c'est souvent le désordre des jambes (cassées, en bataille, dispersion folle, etc...) qui fait que le résultat final est pénalisé. Les trois images qui vont suivre vous feront tout de suite comprendre de quoi il s'agit :

 

Le lancer de quidam
Le lancer de quidam
Le lancer de quidam
Le lancer de quidam

11/ Ci-dessus. Intrinsèquement, on peut dire que la technicité du geste évolue favorablement: l'homme reste bien raide, jambes bien alignées, la pénétration va être, sans nul doute, de qualité. On regrettera toutefois l'angle d'attaque, qui est trop aigü, et le désordre des bras.

Le lancer de quidam

12 / Ci-dessus. Whâ! Joli! Technique qui devient nettement meilleure. Observez la pénétration appuyée dans le bitume et la raideur de cet ascète. Que n'a-t-il gardé ses membres supérieurs le long de son luxueux short!...

Le lancer de quidam

13 / Ci-dessus. L'intention d'originalité artistique est évidente, et il est légitime de délivrer une bonne note pour l'esthétisme. Car ici l'ouverture des jambes est intentionnelle pour contribuer à nous donner une impression harmonieuse. C'est grande pitié que ces mêmes jambes ne soient assez musclées pour bloquer l'ensemble du corps aux bords du panier, le fait de renforcer et contrôler la figure par les mains nous laisse un goût d'amertume. Je pense que le lanceur a été ici un peu trahi par la « lancée »...

Le lancer de quidam

14/ Nous arrivons maintenant dans les figures top-niveau dignes de championnats internationaux. Jugez vous-même: Bon impact, corps raide et alignement parfait des membres. Seul l'angle est à revoir, mais ça reste de l'excellent travail.

Le lancer de quidam

15/ Il en de de même ici où nous retrouvons le papa lancé en début d'article. Bravo aussi à la fifille! Mêmes qualités, et _ hélas!_ même petit défaut que le cliché précédent.

Le lancer de quidam

16/ Ci-dessus. Là encore un alignement impeccable, une pénétration de bon aloi, tout contribue à nous faire penser que nous sommes là dans la sphère de grands champions!

Le lancer de quidam

17: Que dire? On atteint ici des sommets que peu de sportifs sont capables d'exécuter. L'angle se rapproche de l'angle droit et l'enfouissement est très prononcé. Chapeau, c'est du Grand Art!

Le lancer de quidam
Le lancer de quidam

18/ Ce que nous pouvons admirer sur ces 2 clichés _ surtout le dernier _• ne se reproduira pas avant longtemps: Le lanceur à gauche, terrassé par le jeu subtil (avec effets rétro-slice-combo-breaker à bigoudis interchangeables) contenu dans son jet, a réussi un tour de force peu banal. Le « lancé » est parti bien droit, les membres alignés et EN VRILLE! Il est actuellement en train de forer avec son occiput une pénétration parfaite dans le ring. Cette performance étonnante s'est passée le 21 Octobre 2019 à l'Emporium Stadium de Wittepoka (Maine, USA), lanceur: Walt Zefuk, lancé: Oma Fukinggod. Voilà un lancer qui fera date dans l'Histoire, nul doute que le sportif de très haut niveau qui pourra s'approcher de ce résultat aux prochains Jeux Olympiques, sera assuré d'une médaille d'Or amplement méritée.

CONCLUSION

Je ne doute pas une seconde que vous ne soyez maintenant tout émoustillé par ce nouveau sport. C'est normal, quand l'idée est de qualité, elle entraîne de facto l'adhésion des masses. Je sais d'expérience que vous avez une envie impérieuse de vous entraîner au Lancer de Quidam. C'est humain, et même louable! Vous me permettrez un petit conseil cependant: Comme lanceur, le meilleur objet qu'il soit pour s'entraîner (...et donc, pour avancer dans vos performances!) est votre belle-mère. On dit que, psychiquement, l'envie de l'envoyer paître le plus loin possible de vous accroît de façon sensible les progrès que vous ne manquerez pas de faire!

Amis sportifs, merci de votre attention et à bientôt !

 

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Journal intime d'Eva Braun

20 Janvier 2024 Publié dans #2nde Guerre Mondiale, #Article, #Histoire

La parution de cette "antiquité" sur mon ancien blog date de Septembre 2012, ce qui signifie que son élaboration remonte à quelques mois en arrière ; j'ai retrouvé cet article dans les tréfonds de mon ordi. Enjoy my friends !

Journal intime d'Eva Braun

Ces documents sensationnels viennent d'être retrouvés, tout à fait par hasard, dans les archives commerciales de la Maison Braun (rasoirs, fers à friser, sèche-cheveux...). Il s'agit du journal intime, hélas très fragmentaire, d'Eva Braun. Mais les quelques feuillets reconstitués donnent un éclairage nouveau sur la vie quotidienne du couple maudit que nous avons tous en mémoire.

La traduction du patois bavarois en français classique fut réalisée grâce à une machine Enigma encore en état de marche.

 

26 Février 1932 : Ach! Auchourd'hui, che me zuis payé la rikolate te ma fie ! Che tenais la boutike te photo te mon batron et il y afait ein gross orache tehors: Il tombait tes hallepartes ! Tout à koup, la porte tu makazin s'oufre et che fois entrer un ponhomme en imperméaple chiffonné, mouillé komme une zoupe, on aurait tit une zouris trembé tans l'huile ! Za moustache et za mèche ruizelaient komme tes karkouilles. Il fenait chercher tes tiraches te za chienne « Plondi » en long, en larche et en travers, à tel point ke che l'ai bris pour un zoophile.

Journal intime d'Eva Braun

Franchement, il m'a fait penzer auzzi à Charlot et ch'ai kommenzé à pouffer... « Poufiasse fraulein! » K'il m'a tit ze bedit kon. Che te lui ai filé une zakrée mantale sur la choue k'il en est resté komme teux ronds te flan. Mais il toit être un peu mazo zur les pords, kar il z'est auzitôt kalmé et m'a téklaré : « Arch so! Che fois k'on a tu karactère ! Pien, très pien, ch'aime za ! ».

Journal intime d'Eva Braun

Che n'ai zu ke blus tard ke mon batron, Heinrich Hoffmann, était le photographe attitré du klein monzieur. Touchours est-il ke le zoir-même, Herr Hoffmann m'a prié te fenir au zinéma et ke, zur plaze, il m'a fait azzeoir à kôté de ki ? Che fous le tonne en mille : le bedit aforton de l'après-miti !!!

Ze moustachu m'a alors fait du krinke et m'a infité, abrès la zéanze, à une retraite aux flampeaux rien que tous les teux. N'ayant rien à klanter zur mon achenta, komme une krosse bourrike, ch'ai akzepté za brobozition, ch'aurais tû me méfier t'un type zans parapluie kand il pleut, z'est pas komme Mister Chamberlain ki fait zi propre zur lui. Ch'ignorais alors que zette renkontre allait chancher mon ekzitenze !

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27 Février 1932: Z'était intérezzant, on a fait kriller des frankfurters au-tessus t'un feu te krante kalité (Lifres de Thomas Mann, Einstein, Berthold Brecht, etc) et ch'ai pris zwei kilos ! On z'en est léché les toigts, mais foilà-t'il pas ke ze betit ficieux a foulu lécher autre choze; che te lui ai palancé un koup te pied tans les choyeuzes k'il en est tefenu tepuis, baraît-il, féchétarien. Et ch'ai achouté:  « Bas de ça avek moi, mein herr, ch'ai 20 ans et che zuis une fraie cheune fille et il faut temanter la permizzion à papa zi fous foulez kontinuer à faire führer avek moi! » Il a eu un zourire en koin et, t'un air ententu, m'a répontu: « Yawohl, che m'en okkupe! »

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28 Février 1932 : Z'est très kurieux, auchourd'hui Papa a tisparu. Ma zoeur était là, tes mezzieurs en manteaux de kuir noir avek un prassard marqué: « SS » l'ont, tit-on, emmené viziter un noufeau kamp de fakanzes « Dachau », ki a tout le konfort moterne, gaz kompris. Ch'ai temanté à ma franchine ze ke « 44 » foulait tire, elle m'a répontu « T'es touchours aussi konne, za feut tire « Zékurité Zoziale »! Il en a te la chanze mein vater ! Ze même chour, ch'ai rezu une infitation pour renkontrer les kamarates te mon noufeau « boyfriend ».

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12 Mars 1932 : Za z'est passé à Perlin, tans la toute neufe Chanzellerie, enkore en trafaux, et z'est là ke ch'ai kompris ke mon Atolf  _ Ia, che zais, z'est pas terriple komme prénom, mais z'aurait bu être bire! (1) _ était autre choze ke le konzierche tans zette taule... Il m'a prézenté Laurel et Hardy, ou blutôt Goebbels und Goering. Une bedite muzaraigne teigneuse ki n'a zessé te me rakonter tes schwein hiztoires et un kros bachyterme, tékoré komme un tannembaum de Noël, et ki a foulu à tout prix faire une polka pikée avek moi. Ch'ai eu l'imprezzion de pazzer tans une lezzifeuze... et ch'ai pertu drei kilos ! Zette krosse enflure m'a afoué ke za faizait déchà bluzieurs années k'il ne ze foyait blus pizzer, mais ke zon pâton te Maréchal te l'Air lui zervait te kuide-zizi. Zes teux-là, et tous les autres, zemblaient très respektueux te mon noufeau kompagnon, kar chake fois, ils lui faizaient une zorte de pras d'honneur en l'appelant « Zigue! », zuivi t'un kri te touleur: « Aïe! ». Atolf zemple apprézier. Pof! En tout kas, ch'ai fu k'il était militaire puisk'il portait un uniforme, Papa zerait kontent ke che vrékente un fonkzionnaire, là au moins le zalaire est azzuré... et on peut faire karrière.

En fin te zoirée, il m'a koinzée tans l'intimité te zon futur pureau ki toit faire l'ékifalent d'un terrain te football et là... il m'a roulé za bremière belle. Mein gott! La moustache, za pike!!!

Journal intime d'Eva Braun

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30 Janvier 1933 : Za y est, mon Atolf n'aura blus à skwater la chanzellerie! Il est defenu Chanzelier en titre du Reich. Moi, la fie montaine te la kapitale ne me blaît bas trop, et ch'ai déchà tes fues pour nous faire konstruire un bedit nid t'amour tans l'Obersalzberg, un pled pertu ki z'appelle Berschtesgaden. Atolf est t'akord et feut l'appeler « Berghof »... après tout, pourkoi bas ? Nos relazions zont touchours platonikes et chaztes: un beu de touche-bibi bar-zi bar-là, une turlute de temps en temps et puis schlass!!! Il n'aura rien t'autre tant ke che n'aurai bas la pague au toigt! Nein mais!...

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9 Août 1936: Mein grosse liebe m'a emmené aux Cheux Olympikes foir le relais 4X100 m féminin; bas de zouzi à se faire, nos frauleins ont pattu le rekord du monde en ½ finale, zette finale sera tonk une formalité. Le state est krand, très propre, les chens étaient kontents, tout paignait tans le schnaps... Mais krosse katastrophe : Marie Dollinger et Ilse Dörffeldt ze zont foutues tetans et le relais est tompée. Zi on achoute à zette diskalifikation ke z'est un nèkre ki a raflé toutes les métailles en kourzes de fitesse, fous imachinez ke l'Atolf était bas à prentre avek tes pinzettes rentrés à la maizon! Z'est pour le konzoler ke ch'ai enfin zédé à zes afanzes:

Ach ! Mein Gott ! Ch'ai été blutôt interlokée de foir za zézette, fikurez-vous 2 bretzels surmontés t'une kulasse mopile (très) de Mauser. Et Pan ! Za n'a pas traîné bour tirer zon koup ! Il abelle za le blitz-liebe ! Hors te lui k'il était l'Atolf, il foziférait komme kand il parle au mikro:  « Baiss'ta gain'gretchen que j'bais'ta croup'! » (2) Ze ne fut pas Eylau, nein, mais ze ne fut pas Leipzig, ze fut l'heure où l'on rekrette t'être à la kolle ! (3): Tizons k'aux J.O. Il aurait eu une note très moyenne tonk non kalifikatife, et pour kelk'un ki ze tit de la raze zupérieure, za la fout blutôt mal!

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10 Août 1936 : Ze matin, en me réfeillant, il y afait un klein paket zur ma taple te nuit : Z'était une paire te poukles t'oreilles en tiamants en forme te kroix kammée. Pon, za n'est bas tu meilleur koût mais z'est le cheste ki kompte, n'est-ze-bas ? Puis, en lizant les chournaux, ch'ai abbris k'Ilse Dörffeldt et Marie Dollinger afaient myztérieuzement dizparues, étranche, très étranche...

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11 Août 1936 : Ouf, che zuis razzurée ! On a refu les 2 zprinteuses mankantes tans une paze de rebos à Ravensbruck; che tis « rebos » kar elles étaient en pychama (rayé). Ponne rékupérazion mestemoizelles ! On fit fraiment tans un schöne vaterland krâze à mon Atolf!

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31 Août 1939 : Afek mon Chules, on aime pien ze faire tirer les kartes bar les tizeurs te ponne afenture, zelui te ze chour était partikulièrement prézis : (Afant la zéanze, ch'ai temanté, en apparté, zi che zerais un chour Frau Hitler, le mache m'a azzuré ke « Ia! »).

-Bour moi, le tevin me foyait pien Reine t'un monte zouterrain et afek un maufais koût tans la pouche (n'imborde koi!).

-Muzzolini finira flottant tans le fent te l'Hiztoire (Ch'ai rien kompris!)

-Franko finira flottant tans zes fêtements (Bareil!)

-Les Brézidents amérikains ki se sukzèderont zeront tignes tes meilleurs amuzeurs publiks, et leur QI ne bourra chamais ekzèder 50.

-La future Reine t'Ankleterre ze fera embabaouté par un krek ki lui klokera 4 kozzes auzzi laids les uns ke les autres.

-Les futures Reines te Hollante ne bourront chamais tescentre au-tezzous te 130 kilos.

-Pautoin, le futur héritier te la kouronne pelge, ki a l'air zi kon, zi timite et zi komplexé finira par ze faire une prouette auzzi moche ke lui.

-Bour les französen, elle préfoit le portel permanent juske fers 2230, tate où toutes les nazions ze feront abzorber par la bloutocrazie chutéo-mazonnike d'outre-Atlantike. On barlera touz un sabir anglo-yiddish, zauf ke mon preux chefalier Atolf, à la tête du IIIème Reich de 1000 ans, embêchera zette téchénérescenze!

Journal intime d'Eva Braun

-Bour le Krand Reich Allemand z'oufre donk une lonke périote de Paix et de Prosbérité, il n'est bas kestion te faire la kuerre afant 2 ou 3 zièkles! On fa poufoir z'amuzer komme tes betits fous, Adolf kompris :

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1er Septembre 1939 : Atolfounet enfahit la Pologne! Pof !... Au moins, kand il fait chouchou afek zes kartes t'Etat-Machor, ch'ai la paix à la maizon. Enfin, che beux fumer, me makiller, brentre un pain à boil zi che feux (Il aime bas tu tout za!). Mais za proufe k'il n'a bas ékouté le tefin ze bedit enfoi...(le reste illisible)

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9 Avril 1940 : 2ème tournée avek le Tanemark! Che lui ai tit t'arrêter de dékonn...(le reste illisible)

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10 Avril 1940 : Il remet za avek la Norfèche ! Kand z'est k'il fa zezzer, Budain te Portel te Merte... (le reste illisible)

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10 Mai 1940 : Bis repetita avek les Pays-Pas, la Pelgike et le Lukzempourg. Kelle zanté! Z'est bas bossiple t'être auzzi kouill.... (le reste illisible)

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22 Mai 1940 : Y'blus te Frankreich, hé oui ! Halt afek toutes zes konner... (le reste illisible)

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1er Juin 1940 : Z'est le tour tes îles Anklo-Normantes ! Et buis plus rien... Est-ze k'il zerait fatiké l'Atolf ? Z'est pien les hommes za, tu leur tis t'aller arracher les kartofells au fond tu chardin, il trafaille 10 minutes komme un tinke, les 10 autres minutes za mollit, enkore 10 minutes et on le retroufe au trokuet tu koin en train te poire avek les kopains!

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2 Mars 1941 : Et z'est reparti pour aller aiter ze krand kouillon de Penito : Tans la fouléé, y'a blus te Youkozlafie, t'Alpanie, te Pulkarie et te Krèze ! Ch'arrête bas te lui répèter te faire la paix, mais z'est komme zi che pizzais en l'air bour attraper un Messerschmitt 109 ! Il est du chenre « Kauze touchours, tu m'intérezzes! », il fait ze k'il feut ze bedit kaprizieux ! Ch'en ai fraiment blein le k... (le reste illisible)

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15 Mars 1941 : Touchours à kauze te ze fout-la-merte de Penito: Nous foilà en Zyrénaïke maintenant! K'il aille donk ze faire enk... (le reste illisible)

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11 Mai 1941 : Ze klown te Rudolf Hess a chourafé un afion pour aller atterrir en Ekosse perzonne ne zait au chuste pour koi faire (Même bas lui che barie!)... Tans la pante t'allumés ki entoure mein Atolf, il faut tire ke z'était le blus parchot ! Pon téparras !

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22 Juin 1941 : Alors là, y me troue le kul le mouztachu, foilà-t'il bas k'il z'attake à la Ruzzie auchourt'hui. Che le lui ai tit bourtant:  « Mein liebe, tu as les zyeux blus kros ke le fentre! » Za fa mal ze koupiller, tu fas finir par te faire zotomizer tans les krantes larcheurs!... (le reste illisible)

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7 Décembre 1941 : Et allez tonk ! Bentant k'on y est, nous foilà en kuerre avek les Etats-Unis ! Les peaux fims avek Clark Gable, Gary Cooper ou Errol Flynn, z'est fini ! Il fa falloir z'inkurchiter nos mertes nazionales(-zozialistes, ach! Ah! Ah! Ah! Zuis-che trôle kand même ! Heureuzement ke berzonne ne lit ze chournal, zinon che me retrouverais fite fait pien fait à Bergen-Belsen!).

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31 Décembre 1941/ 1er Janvier 1942 : Réfeillon au Berghof, tout le bonde était schlass zauf Atolf ki ne poit ke te l'eau ! Che lui ai fait kateau t'une noufelle « Plondie »(zeizième du nom che krois!), et lui m'a offert un apri pétonné zous la filla, kelle télikatesse! Himmler, en zon nom et zelui te zes kollaporateurs (Heydrich, Hartl, Schellenberg, Eichman, etc... ) m'a komplée avek un kollier à triple rangs te dents en or (Mais où font-ils chercher tes kadeaux zi orichinaux?). Ze krand farzeur d'Albert Speer m'a tit ke ch'étais très « CHICots » ainzi, on a pien ri même zi che n'ai kompris l'aztuze ke 3 heures abrès ! On z'est pien amuzé, nous zommes kaziment les maîtres du welt tepuis le 19 Tézempre où notre faleureux fürher est defenu Kommantant en Chef tes Armées, k'est-ze qui pourrait azzomprir une bareille félizité ???

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31 Décembre 1942/ 1er Janvier 1943 : Nous fenons te pazzer une année mi-fikue mi-raizin: On afanze, on rekule en Ruzzie, komment feux-tu... (une partie illisible)... Un ou teux pompartements zur Perlin, on biétine à Ztalinkrat, le front est te blus en blus élastike, mais tans l'enzemple za va bas trop mal. Zette année, on est à Perlin bour ze faire la bize zous le kui: Z'est auzzi téchanté ke l'an ternier ! On est tous zaouls komme tes polonais, à bart ki fous zavez ki m'a offert une cholie poîte à pilules déchà karnie te stryknine (Il m'a tit ke z'était un fortifiant), moi ch'ai fait tes folies en lui achetant drois chemizes hawaïennes bour aller faire tu zurf tès ke la kuerre zera finie, z'est-à-tire la zemaine prochaine t'après ze prafe Josef Goebbels et zes zervizes... Touchours auzzi nofateur, le chentil Himmler m'a enkore kâtée : lampe avek immenze apat-chour, zous-main et nézezzaire te pureau en féripaple peau tatouée te mille motifs charmants et te pon koût.

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3 Février 1943 : Oh budain ! Za pranle tans le manche auchourt'hui ! Atolf est tans zes maufais chours, baraît'il k'on a bris une tékulottée à Ztalinkrat, bourtant la ratio minimize l'éfènement. Y bousse un beu le Goebbels, kar ch'ai fu les chiffres zur le pureau de mon chéri : 210 000 kapputs, 91 000 brizonniers tont un Maréchal et 24 chénéraux. Zi zà z'est bas une pranlée te bremière, che feux pien m'enkacher bour l'Ostfront tès ze zoir !

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25 Juillet 1943 : On krèfe te chaud zet été, même au Berghof où che zuis maintenant preske tout le temps. Tout allait prima und wunderbar, mais ze matin Atolf a abbris ke zon pote Penito z'est fait firer te za plaze bar le Krand Konzeil Faschiste hier zoir. Téchà k'on tonnait bas cher te la kompattifité tes mancheurs te spaketti, za fa bas aller en z'améliorant maintenant !

Bour moi, che kontinue te tenir le rôle te la ponne ménachère, on rezoit les amis, on barle, on choue, on rit, ke tu ponheur!

Journal intime d'Eva Braun

Che brends un tas de photos et te films te tout zà, et che téveloppe moi-même les bellikules, z'est ma krante pazzion, mon chéri ekzepté éfitemment!

Journal intime d'Eva Braun

Bour tétentre l'atmosphère, Martin Bormann nous en a rakonté une pien ponne: «Z'est teux bétés ki z'enk.... »... (le reste illisible)

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18 Octobre 1943 : Atolf a peaukoup trafaillé zes temps-zi : Abrès ke les noufeaux tirichants makaronis aient kabitulés le 8 Zeptempre (Z'était bréfiziple!), il a fait télifrer zon kopain 4 chours abrès, l'a fait ramené izi et l'a rekonflé à plok bour k'il reparte au charbon. Za z'est te l'amitié !

Ze zoir il a kazzé la parake au mikro bar un tizkours ratiotiffuzé zur le Volkssturm. Kelle énerchie! Le zoir même, ch'ai eu troit à za lefée en mazze berzonnelle !"Houlàlà", komme dizent les franzözen !

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31 Décembre 1943/ 1er Janvier 1944 : Ach! Maknifike réfeillon à Berchtesgaden ! Chamais on z'est tant amuzé : Goering avek une lankue te pelle-mère tans le proze, Goebbels avek tes oreilles t'éléphant, Atolf et un chabeau de mirliton, Himmler en bas rézille, moi en Marie Dollinger au rebos, etc...tout za faizait la ronte (Ch'ai bas ozé tire « chenille » kar za éfoke trop les panzers) à la keu-leu-leu en chantant le « Horst Wessel » zur l'air tes lampions... Oups, parton ! Bour Goebbels, baraît-il ke z'était zes fraies oreilles, tézolée!... Blus za zent la téroute finale et blus on z'amuze. Kel tékonneur ze Himmler, ch'ai eu troit zette année à une poîte de zafonnettes « hyper-konzentrées » (Elles fiennent de kamps portant le même kalifikatif à ze k'il m'a tit) et un tailleur tissé avek tes chefeux, mais où fa-d'il chercher tout za? ... Mein mann m'a offert une audre poîte bour pilules mais il m'a tit te cheter les anziennes et te les remblazer par zelles-zi ki zont au zyanure « donk peaukoup blus fitaminées » a-t'il achouté.

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12 Juin 1944 : On a inaukuré les lanzements te V1 zur la kueule tes rosbifs; z'est bour rébondre au téparkement du 6 Chuin en Normantie bar les alliés. Il est komme za Atolf :« Zi tu feux m'emmerter, che t'emmerterais auzzi! »... (le reste illisible)

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20 Juillet 1944 : Kelle chournée ! Te kros méchants ponzhommes ont foulu faire tu mal à mon amant en lui foutant une zakrée pompe tans la zalle de konférenze te zon Krand Etat Major en Pruzze Orientale. Za a fait POUM ! Atolf z'en est tiré avek tes ékhymozes au pras et une zurtité zéfère (zur ze ternier boint, che penze ke la mazturpazion toit y être auzzi bour kelke choze, il z'ennuie tellement zans moi le baufre chéri!), par kontre, ki est-ce ki fa tevoir rafistoler le bandalon te môôôzieur ? Z'est moi, et che fous tis bas tans kel état il est zon frok !!!

 

Journal intime d'Eva Braun

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14 Septembre 1944 : Za fa bas trop pien ! Le krand homme est refenu zur Perlin abrès ke les ruzkofs aient mis leurs zales bieds en Poméranie le 25 Août.

Abrès le tébarkement en Zizile l'an ternier et un noufel arrifache en Provenze ze 15 Août, on ne zait blus où tonner du panzer. Zerize zur le kâteau, foilà les yankees ki ont mis leurs rangers bourris à l'ouest tans le vaterland !

Mais Atolf a blus t'un tour tans zon zac : les armes zekrètes et un Volkssturm de 16 à 60 ans. Il fa retourner la zituazion ke zes kons t'alliés en rezteront zur le k... (le reste illisible)

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31 Décembre 1944/ 1er Janvier 1945 : Pon! Zette année le réfeillon est à Perlin te noufeau, on z'est tous enkore mis minaples mais z'est bas la même ampianze k'au Berghof, même zi l'afiazion anklo-amérikaine fait te kros efforts bour nous fournir te fapuleux feux d'ardifize tous les zoirs ! Atolf a fait un bedit speech:

Journal intime d'Eva Braun

« Ch'esbère ke l'an prochain _  « A Chéruzalem! » m'a murmuré à l'oreille ze dékonneur te Speer!_ on ze fera la kolozzale fest zur les ruines tes bloutokraties chudéo-mazonnikes akonizantes! » Himmler a enkore fait fort en nous offrant tout un mopilier de champre à koucher à paze te fémurs, te tipias et t'omoblates. Tézitément, zi ch'ai l'okkazion, il faut apzolument ke che lui temante l'adrezze de zes fours (nizzeurs) ! Bour ze ki nous konzerne, les temps zont turs, ch'afais trikoté un kache-nez pien chaud bour mein liebe, et lui m'a offert une liazze te pons te razionnement bour tu zaintoux et tes rutabakas. Kelle folie, kelle chénérozité ! Krâze aux raids aériens, on a bas fermé l'oeil te toute la nacht, z'était kand même un beu lonkuet zur la fin !

Temain, Atolf rezte au pureau et che rebars rezpirer l'air pur de Pafière.

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6 Février 1945 : Auchourt'hui, ch'ai 33 ans! Komme le Khrist, mais ch'esbère fifre blus longtemps ke lui (Ah! Ah! Ah! Ah!) Hier, Joukov a lanzé une krozze offenzife zur l'Oder et ze matin Atolf m'a téléphoné pour me zouhaiter pon anniferzaire et bour ke ch'aille rekarter tans zon pureau z'il n'afait bas ouplié zes pilules antikonztibazion. Che les ai bas troufées, mais ch'ai fu tes chozes intérezzantes:

Il y afait un dikzionnaire et ch'ai rekardé les téfinizions de « stryknine » et « zyanure ». Et te eins ! Ch'ai lu un babier où l'Atolf ortonnait berzonnellement l'ékzékution te mon kouzin Gertraud Weisker parze k'il foulait z'enfuir en Zuète avek za maîtrezze. Et te zwei ! Che me zuis rabellé ze ke ze kouzin m'afait tit l'été ternier au Berghof à brobos te la zitwazion réelle te la kuerre et k'il afait ententu à la BBC. A l'époke che m'étais moké te lui et lui afait rébété k'ékouter la ratio anklaize était « streng verboten ». Et te drei ! Ch'en ai azzez t'aztiker la maizon, che me zuis tézité à enkacher une kamériste berzonnelle zans en barler à ze bedit zalikaud ki fait zes koups en douze. Eh pien moi auzzi ! Komme che n'ai chamais t'archent likite zur moi, che la baierai avek mes fieux fêtements, il fautra donk k'elle me rezzemple zurtout bour la taille, le tour te tête, la bointure des kants, etc, etc... Et te vier (4) ! On m'a trop bris bour une krosse konne zes temps-zi, tès ze zoir che me mets à la méthote Assimil ! Et te fünf ! On toit enkore ze foir tans les chours à fenir, zoit à Perlin, zoit à Berchtesgaden, che fais lui faire une krozze farze en téréklant le betit tampour te la méthote Ogino-Knaus (5) ke nous utilizons. Et te sechs !...

Journal intime d'Eva Braun

(le reste pratiquement illisible, sauf la dernière ligne qui dit: «... Et te 125!» - NDLR: Elle était remontée, la fraülein!)

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20 Avril 1945 : Il n'y afait bas teux chours ke ch'étais te retour tans la kapitale ke la pataille te Perlin kommenzait (17 Afril). Tepuis on fit effectifement tans un « monte zouterrain » puisk'on est inztallés tans le bunker te la Chanzellerie. Bar kuriozité et entre teux alertes, che zuis allée cheter un koup d'oeil tans le pureau où il m'a emprazzée bour la bremière fois: Arch so ! Y'a du ménache à faire ! K'ils komptent blus zur moi bour ke che m'y kolle ! Pazzons !

Auchourt'hui, mon ponhomme a 56 ans et ch'ai une merfeilleuze zurprize bour lui. Auparafant, il est allé dourner, bour les aktualidés tu zinéma, un bedit film tans les chardins te la Chanzellerie en tékorant tes kamins à beine zevrés. En rentrant, on lui a tous chanté « Gutt geburstag ! » et on a pu une koupe te Champagne. Buis che l'ai tiré tans un koin pour lui annonzer mon kadeau: « Che zuis enzeinte de 3 zemaines/un mois enfiron ! » Ch'aurais kru k'il allait zauter te choie au blafond tu bunker ou faire les bieds au mur, mais nein, za a blutôt eu l'air de le faire kaguer zette hiztoire. « Et te 126, me zuis-che penzé tans ma tête ! »...

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Dimanche 29 Avril 1945 : Enfin za y est, Atolfounet a ratrabbé tous les imbairs et toutes les kaffes te zes terniers chours en me brobozant... tefinez koi ? Le MARIACHE !!! Youp là là, dralalalalère, che fais m'abbeler Frau Hitler tézormais ! Z'est la kloire, l'abothéoze ! Za falait le koup t'attentre jusk'à auchourt'hui !

La zérémonie fut drès zimple (on est en kuerre, ne l'ouplions bas!), tes témoins breztichieux (Goebbels, Bormann), un kidam te l'état zifil k'on est allé chercher tans les kouloirs tu médro (Pof !), un fond zonore ekztraortinaire t'orkues de Ztaline, fourni bar les ruzzes à moins te 450 mètres tu bunker. Zeule ompre au tapleau, le Champagne était tiète et il tompait tes bedits krafats tetans bentant k'on trinkait. Toute la maizonnée nous a félizité, z'était chouette ! Chamais che n'afais été zi heureuze !

Buis mon mari z'est retiré avek za zekrétaire bour dikter zon desdament, kel farzeur zelui-là !

Ze zoir, che mettrai ma bedite nuizette kokine kouleur feldgrau bour émouztiller ze krand fou ! Pien ke che n'aime bas trop za, che tirai "ia" à zes pulzions zado-mazo...

Journal intime d'Eva Braun

Lundi 30 Avril 1945 : Izi, la nacht n'a bas tenu zes bromezzes, bar kontre, au-tezzus, à la Chanzellerie, za a tû être un frai portel, ils ont tanzé tout le temps, on leur a temanté d'arrêter mais z'est komme zi on afait kraché zur un T34 bour le ztobber ! Toute la matinée, Atolf a zerré tes mains aux rares tignitaires enkore zur plaze et à tout le perzonnel tu bunker...

Fers 15 h 20, il me temante te le rechointre tans la zalle te konférenze.

Journal intime d'Eva Braun

Che lui tit « T'akkord, mais afant, che tois aller faire bibi, za bresse ! » et che kours aux doilettes. Komme che tardais, il est fenu frabber à la borte: « Efa, k'est-ze ke tu fabrikes ? Tébêches-toi chérie, fiens, che me meurs t'amour bour toi ! » Ch'ai tis :  « Moi auzzi mein liebe, mais il faut le temps... Ch'arrife, ch'arrife !»...

Journal intime d'Eva Braun

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31 Décembre 1945/ 1er Janvier 1946 : (6) Madre de Dios ! Esta una noche qué yé m'en rappélérai sempre ! Yé accouchado dé joumeaux vers medianoche, yé vais les appeler Abraham et Rebecca, coume ça yé sérai plous emmerdata con la polizia argentina. Yé eu ouna grossezza muy pertubata : Ma yé bénis tous les dias lé ciel d'avoir eu la bonna idéa d'engageata una cameriera à l'insou dé tout lé mondo. Esta ella qué yé fait sortir dé WC dans lé bounker, la povrecita s'est empoisonnata à ma plaça. Sortir dé cé piège à con n'a pas été trop difficilo. Cachée dans ouna armoira, yé attendou 2 ou 3 heuras et yé souis sortie sanzo problemo, y'avait plous oun gato dans la plazza... Dans Berlino devastato, personna né faisait plous attencion à personna ! Yé réoussi à aller chez ouna amiga qui m'a hébergeata, m'a donnata dé faux docoumentos (au nom t' Eva Nouidanlanatur, réssortissanté roumainé) , m'a misè en relationès con una filiera por quitter los païs. Fino dé Mayo, y'étais à Hambourgo et yé prénnais oun bateau por Buenos-Ayres.

Sour place dès la mi-juin, yé vido muchos gentos qué yé connaissais en Allemagna, ma on fait tous semblant dé né pas sé réconnaîtré ! Yé trabaja chez oun photographisto et yé fait dès portraitos. Una clienta est dévénou una amiga porque ella a lé mêmè prénommo qué mé, son marido est muy bien plaçato dans l'armata; esta ouna rélation qué yé intéresto à guardar.

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4 Juin 1946 : Après avoir gagnato lès éléctionnès dé Febrero, los marido dé mia amiga (Qu'on appella « Evita » por évitar dé nous confondrès) es dévénou hoy los Présidente dell'Argentina. Yé leur ai démandé aussitôt dé mé pistonnar por oun visa à destinacion dès Estados Unidos.

Les bébés vont muy bien et né posent aucoun problémo.

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4 Juillet 1946 : (6) Aoh ! I landed in New-York city in the middle of June with my babies.(7) Je traînassais dans les streets en me demandant jusqu'à quand durerait le petit pécule donné par les gentils Peron. Il y avait une canicule terrible sur la ville, en plus c'était la fête nationale. J'ai acheté à un marchand ambulant une belle tranche de watermellon tellement j'avais soif ! Un type s'est approché de moi et m'a dit: « Elles sont bonnes mes pastèques ? » J'ai fait étalage de mes connaissances en américain contemporain: « WTF ?» Il m'a alors expliqué qu'il était fermier dans le Texas, et qu'il était actuellement in the big Apple pour un Congrès de producteurs de watermellons, qu'il en profitait pour voir s'il ne pouvait pas se dégoter une petite wife parce que sa famille le poussait in the ass pour qu'il se marie. En rigolant, et en montrant les bébés, je lui ai dit que j'étais disponible. Il a vidé son Colt en l'air en criant « Yeepee ! » Il a dit que c'était perfect because il était impuissant depuis qu'il avait reçu un éclat de grenade japonaise dans les balls mais que sa mom and son daddy l'ignoraient, et qu'on allait se marier tout de suite (enfin, tomorrow because today c'était férié !), qu'il reconnaîtrait les enfants et que ses parents ne le feraient plus chier avec cette histoire de descendance. J'ai dit: « Bingo !»

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5 Juillet 1956 : Today, on a fêté nos 10 ans de mariage avec Marmaduke _ Yeah ! I know, it's not the top for a name, but I've the habit now !_ Nous habitons in an asshole of the world, mais je ne m'en plains pas: Mes beaux-parents sont très gentils, ils nous gâtent beaucoup ainsi qu' Abe and Becky, je peux fumer, me maquiller, me baigner en bikini dans ma piscine qui fait l'équivalent d'un terrain de football, pour la bagatelle j'ai le choix dans l'équipe de récolteurs noirs de watermellons mais, naturally, j'utilise des... (Ach ! Komment ils tizent « kapote » téchà ? Ia, za y est !)... condoms; à part qu'il fume beaucoup, qu'il boit comme un trou et qu'il dévore comme un ogre, mon mari est adorable mais, à côté de lui, Herman Goering avait la taille mannequin, il y a 2 ans nous sommes allés 15 jours en holidays à Hawaï et j'ai fait du surf, et puis il y a le cinéma à Dallas à 20 miles de la maison, et puis il y a surtout la télévision, et puis un super-hyper-robot ménager multifonctions, et puis... et puis... et puis...(le reste n'est pas illisible mais franchement chiant!)

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25 Novembre 1976 : Today, c'est Thanksgiving et j'ai réuni traditionnellement toute my family à Palm Springs (Californie) autour de ma spécialité « the turkey in brownshirt »(NDLR: cf http://www.dailymotion.com/video/x5m7r1_recettegermanique_fun ). Bien sûr, mon mari nous manque beaucoup, il est mort d'un cancer des poumons en 66, il pesait 150 kilos au début de sa maladie et seulement 35 les derniers jours. Le fait qu'Abe devenait soutien de famille l'a empêché d'aller au Viet-Nam, il a alors fait son Service Militaire en garnison en Allemagne, il en a ramené une épouse, Gertrud, une pacifiste à tout crin, gauchiste sur les bords et anarchiste au milieu, il était convaincu à l'époque que ce pays vivait encore comme au Moyen-Age, ils ont 2 kids, Hans (8 ans) and Gretel (9 ans), et vivent à Dallas où Mr Abraham Smith est un estimable prothésiste dentaire (râteliers, dents en gold, appareils d'orthodontie) et un respectable Conseiller Municipal républicain. Avec le prénom qu'elle a, ma fille a rencontré très tôt et épousé Salomon Kissinger, apparenté au diplomate Henry du même nom et qui a eu le Prix Nobel de la Paix il y a 3 ans, il est dans le business des armes et se fait les couilles en or, ils vivent magnifiquement en Floride et ont 2 kids, Isaac (9 ans) and Golda (10 ans) qui vont passer chaque année leurs vacances dans un kibboutz en Israël. J'ai très bien vendu la maison, les terres et les entrepôts du Texas; j'ai placé l'argent en bourse et je vis fort bien de mes rentes depuis une quinzaine d'années, installée dans une confortable maison en Californie. Depuis sa libération en 1966 (8), j'ai renoué très discrètement par lettres avec Albert Speer, il a promis de venir me voir, en prenant des précautions, si la promotion de ses bouquins l'amenait un jour pas loin d'ici. A 64 ans, je commence à en avoir un peu marre de tenir un journal comme une pucelle mélancolique, et j'ai dit à mon gendre Salomon de ranger tout ça dans une quelconque boîte où il a des actions.

Nous étions 10 autour de la table, si on compte ma chienne Blondie, et on a bien rigolé !!!(9)

 

Ici s'arrête cet intéressant document dont Gagaproduction a obtenu l'intégralité des droits d'exploitation.

 

(1)= Eva fait sans doute allusion ici à Baldur von Schirach , Chef des Jeunesses Hitlériennes, qu'on francise souvent en Balladur con Chirac.

(2)= Jacques Brel nous rappellera cette désopilante plaisanterie dans sa chanson: « Le Caporal Casse-Pompons».

(3)= Jacques Brel eut une inspiration presque équivalente dans sa chanson: « Au suivant!»

(4)= Vier (prononcez « Fi-ir ») signifie « cinq », cette précision vaut pour les pays de langue d'oc.

(5)= Méthode contraceptive jusqu'au milieu du XXème siècle: cf https://fr.wikipedia.org/wiki/Kyusaku_Ogino  

(6)= On notera au passage la remarquable adaptabilité de la machine Enigma à toutes sortes de langues étrangères. (NDLR : Ah ! Quand les allemands se mettent à la mécanique, c'est toujours le top !)

(7)= Pour une meilleure intelligibilité, à partir de là, ce sont les services de traduction de Gagaproduction qui ont pris le relais.

(8)= Condamné à 20 ans de réclusion en 1946 au Procès de Nuremberg, l'ex-architecte du führer décèdera d'une AVC à Londres, en 1981, au cours d'une tournée pour ses livres. Il n'aura jamais mis les pieds aux USA.

(9)= Le 2 Mai 2005, the obituary du «  Palm Springs News » faisait état du décès, le 30 Avril (Tiens, tiens !), de Mrs Eva Smith née Nouidanlanatur à l'âge de 93 ans. La famille éplorée (enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants) s'interroge toujours sur les derniers mots de cette citoyenne discrète: « Scheisse! 60 ans de sursis, that's not bad at all...»

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Phlegmon

19 Juin 2023 Publié dans #Article

Voici un article de votre serviteur paru en Octobre 2014 sur mon ancien blog. Celui-là est un rescapé comme quelques autres, par contre il en est qui sont définitivement perdus car je n'en avais pas pris un "copier/coller" à l'époque. Souvent, il ne me reste que les illustrations que je retrouve un peu par hasard dans le tréfonds de mes fichiers. Je pense par exemple à "Maddy Genest", "Mémoires de jeunesse de Casanova", "Les moines stylites" *, etc... et aux parties de rigolade qu'on s'était faites avec les commentaires du regretté Adhémar, mon complice de cet heureux temps. A part l'épisode Leonarda** qui a un peu vieilli, tout le reste tient encore la route .

* = Si, par un hasard miraculeux, un de mes anciens correspondants en avait gardé des traces, qu'il se signale au plus vite.

** = Pour ceux qui veulent se rafraîchir la mémoire : https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Leonarda

Préambule

     Tout commence le 30 Septembre 2014 ! Dans l'après-midi, la tenue du gus m'ayant inspiré, je travaillais sur l'image ci-dessous en vue d'en faire un « comic » à paraître ultérieurement. Quand j'eus fini les deux distiques, je me suis dit qu'on pouvait faire mieux, et surtout davantage. J'ai commencé à jeter çà et là, sur des bouts de papier ou sur l'ordi, un tas de c...ies. Mais les idées affluaient, au bout d'un moment, une intrigue s'est mise en place et j'ai commencé à rédiger. Le lendemain, 1er Octobre, toujours dans l'après-midi, l'article déjantissime était bouclé à 99%, donc, grosso modo, en 24 heures. Le 1% qui reste ne fut qu'ajustements mineurs jusqu'à aujourd'hui. 
     Vraiment, les arcanes de la création sont impénétrables !

"Et le désir s'accroît quand l'effet se recule
Kakemphaton* célèbre de Corneille 
(Polyeucte - A 1, sc 1)
* = Ci-après, les kakemphatons sont surlignés

Les annotations et renvois sont du 
Professeur Polycarpe Bouffémont,  Chevalier de la Légion d'Honneur, Officier dans l'Ordre des Palmes Académiques, Officier dans l'Ordre des Arts & Lettres.

Agrégé de Lettres Classiques, titulaire d'une chaire de Littérature à l'Université de Saint Cucufat, 
éminentissime spécialiste de l'œuvre de Gaga Produk.

PHLEGMON
ou
La démence des augustes
de
Gaga Produk

Tragédie en UN acte

PHLEGMON.......Roi de Montastruc, frère jumeau d'ANTHRAX
ANTHRAX...........Prince oisif, frère jumeau de PHLEGMON
BLAISE................Confident et ami de PHLEGMON, Commandant des gardes du palais
APPENDICITE....Etudiante en Droit constipée, jeune fille au pair et Princesse slovène
LEONARDA........Confidente et amie d'APPENDICITE, au pair itou (mais avec RSA, CMU, etc...)
Des gardes.........Intermittents du spectacle, payés plein pot 9 mois pour 32 secondes de prestation*

=  Oui, je sais, je suis menteur et de mauvaise foi, mais j'assume !

La scène se passe dans une salle du Palais de Montastruc. 

Scène 1
PHLEGMON – BLAISE

PHLEGMON
Ah oui ! Je te revois et mon cœur est à l'aise.
Viens contre ce cœur que je t'embrasse Blaise (1)!
Tu avais disparu, c'est là qu'était le Hic,
La semaine à Paris pour voir la fashionweek.
Il s'est passé des choses au cours de ton absence
Où mon caleçon baissé n'a pas fait abstinence...
Lors, mais te voilà ce jourd'hui rentré au port,
J'attends, fier Capitaine, un fidèle rapport.

BLAISE
Vous le saviez Seigneur, nous n'étions plus aux normes,
Et nos soldats voulaient de nouveaux uniformes.
Hélas ! Mon angoisse et mes peurs étaient fondés.
Et tous ces créateurs sont bien tous des pédés.

PHLEGMON
Holà ! Il y a des mots, ici, qu'on ne profère !
Surtout en ce palais si l'on croise mon frère !
Oui hélas ! Plus ou moins gris et triste palais,
Où est la bonne humeur qu'on y voyait régner ?

BLAISE
C'est vrai, le castel n'a pas été toujours morne.
Il y eut des ris, des jeux, des liesses sans borne,
Quand la Princesse Carre et son mari Abcès
Avecque leurs enfants riaient avec succès.
Anthrax et vous jouiez avec la ribambelle.
Mais tout cela est loin... Maudite salmonelle
Qui les a tous occis par un plat de pétoncles !
(il lève les yeux au ciel)
Oui Dieux de l'Olympe, Anthrax et lui, ils furent oncles (2) !
L'un d'eux, devenu « tante », eut mignons à foison ;  
L'autre, devenu Roi, fut accro aux jupons... (rêveur) 
Il me souvient, Seigneur, de tous ces interdits...
...Mais revenons à ces stylistes en body :
Pensez qu'ils proposaient un tas de fanfreluches,
Et même, dans le cul, une plume d'autruche.
Non mais ! Vous nous voyez en tenue de combat,
Au cœur de la mêlée, à rajuster nos bas ?
C'est pourquoi notre armée restera telle quelle,
Aux critères anciens refaisons la part belle.

PHLEGMON
Tu es spécialiste, on fera comme tu l'as dit !
Point n'est besoin de Régiment à l'air bouffi (3)!
Continuons à régenter ma populace,
Même si quelquefois c'est un job qui me lasse.

BLAISE
Mais vous parliez, Seigneur, de votre slip ouvert.
Que s'est-il donc passé quand j'étais à vauvert ?

PHLEGMON
Tu sais qu'en mon château, on marche à la lésine.
On a lors recruté tout un tas de frangines.
De toute l'Europe, ces jeunes filles au pair
Astiquent le palais pour lui garder son air.
Et figure-toi que, parmi ces jouvencelles,
Une m'est apparue, belle parmi les belles.
Sans mot dire, elle a ravi mon âme et mon cœur,
Faisant gonfler mon froc d'un énorme chou-fleur.
L'écueil cependant, de cet amour ancillaire,
Est de déroger. Mais j'aime trop son derrière.
Et je suis prêt à me mésallier céans,
Tant je suis épris de sa gorge et son séant.
Oui ! Je brûle désormais pour Appendicite,
Ce nom ancré en moi prédispose à l'orchite.
Doux ami, tu connais maintenant mon secret...
Tiens, je vais de ce pas prendre quelque décret !

BLAISE
Allez Seigneur ! Allez gouverner sans ambages
Car viennent par ici deux femmes de ménage.

(1) : Ecrit en 1669, on pense que c'est de cette époque que les écholalies de ces deux premiers vers sont devenues fameuses : « A l'aise Blaise ! »
(2) : Dans un article remarquable à propos de la pièce, Bourbillon De La Sanie, critique littéraire du XVIIème siècle, a écrit : « Ah ouais ! Escarre, abcès et furoncle, voilà les clous du spectacle ! Après phlegmon et anthrax, on n'en peut pus ! » Un autre critique, le Père Itonite De Bubon, fait observer qu'il y a ici la seule faute de forme de l'œuvre, à savoir deux distiques à rimes féminines qui se suivent, mais bof, les deux distiques suivants sont à rimes masculines, ceci compensant sans doute cela...
(3) : Ecrit en 1669, on pense que c'est de cette époque que les écholalies de ces deux vers sont devenues célèbres : « Tu l'as dit bouffi ! » 

Scène 2
BLAISE – APPENDICITE – LEONARDA

APPENDICITE
Quelle honte pour moi d'avoir balai en main,
Leonarda ma mie, que de noirs lendemains !
Hélas ! Que j'endure ici tant de vilenies !
Quand reverrais-je un jour ma chère Slovénie ?
Venue à Montastruc étudier le bon Droit,
On m'a fourguée alors au plus mauvais endroit.
Je suis, dans ce palais, traitée comme une esclave ;
Je subis tant d'affronts qui jamais ne se lavent.
La pauvre Appendicite préposée aux carreaux !
Çà c'est vraiment déchoir, on est loin du Barreau...
Heureusement, en moi, une lumière est née :
Un beau Prince d'ici émeut mon périnée.
Et quand je peux le voir, j'oublie tous mes tracas,
J'en oublie quelquefois de faire mon caca.
C'est te dire à quel point je suis une amoureuse,
Et qu'à le voir parfois, cela me rend joyeuse ! 

LEONARDA
Madame, cachez cet amour sous le manteau,
Rappelez-vous qu'ici vous êtes incognito,
Car nul ne doit savoir que vous êtes Princesse
Au Pays. Sinon, ça barderait pour nos fesses !
Votre père, le Roi, n'ayant plus un kopeck,
A trouvé ce moyen, ayant sa bourse à sec,
Pour que sa fille chérie soit étudiante.
Et même si la vie est devenue chiante,
Rendons-lui encor grâce de ce subterfuge...
Et pour votre caca prenez un vermifuge...
Pensez aussi que vos études en Faculté
Amoindrissent les maux où l'on est confronté.
Et puis, pensez encor qu'inscrite en Gymnastique,
La pratique des sports nous rend moins lunatiques...
Quant à cet amour, vous l'annoncez impromptu,
Je dois avouer que j'en reste sur le cul.
Ainsi donc, vous aviez des pensées polissonnes ;
Et que vous ne faisiez partager à personne...

BLAISE
Excusez-moi Madame, je dois intervenir !
Cette histoire d'amour ne peut que bien finir,
J'ai ouï malgré moi cette belle romance,
Je crois qu'on peut envisager une alliance...

APPENDICITE
Quoi ! Vous étiez là à entendre mon aveu !
Et donc... vous y verriez un dénouement heureux ?

BLAISE
Madame, si vous êtes vraiment d'un sang noble,
Celui que je sers dansera le paso-doble.
Oui ! Car il a pour vous la même inclination,
Et tout se règle donc pour nos satisfactions...
Concernant vos transits, pourquoi pas Microlax ?

APPENDICITE
Ah Monsieur c'en est trop : Suis-je aimée par Anthrax ?...

BLAISE 
Anthrax ? Anthrax Madame ? Je vous prie, soyez nette,
Et soyez bien précise pour ma comprenette.

APPENDICITE
Mais oui, assurément, c'est de lui qu'il s'agit,
Pour qui croyez vous donc qu'en mes draps je vagis ?

BLAISE
(en aparté)
Alors là, j'en ai vraiment le sourcil qui fronce,
Et je pressens déjà la cata qui s'annonce.

LEONARDA
Madame ! Madame ! Voici le Prince que je vois !
Et toi, beau Capitaine, viens donc avec moi !

Scène 3
APPENDICITE - ANTHRAX

ANTHRAX
Houlà ! Houlà ! Houlà ! Pourquoi fuir Capitaine ?...
Hélas, il est parti. Me voilà à la peine !
J'aime son port altier et tout son corps poilu ;
Et quand je pense à lui, je suis tout éperdu.

APPENDICITE
Prince, honorez-le, car il vient de m'apprendre
Que votre cœur au mien décide de se prendre.

ANTHRAX
Quoi ma fille !? Tu déraisonnes à tel point
Qu'on peut penser que tu viens de fumer un joint.
Qu'est-ce qui a bien pu te faire accroire
Que de m'afficher avec toi, j'aurais quelque gloire ?
Et ne t'adresse point à moi avec aplomb,
Avec tes godillots à semelles de plomb !
Prends bien garde, souillon, de voir à qui tu parles !
Je ne suis point roture ! Et je ne suis point Charles (4) !
Et quand bien même, de cet amour averti ;
Je n'en ai rien à foutre car je suis inverti !

APPENDICITE
Ah ! Tout s'écroule en moi, et je suis une ruine !
Adieu rêve d'amour ! Adieu belle combine !

ANTHRAX
Ce que je sais de toi, tout le palais le sait :
On connaît tes soucis d'aller au cabinet.
Reste donc à ton rang. Et moi, je me défile,
Car je vois venir mon frère, cet imbécile.
Je préfère partir que de souffrir ses mots,
Il risquerait encor de me traiter d'homo.

(4) : Ecrit en 1669, on pense que c'est de cette époque que les écholalies de ces deux vers sont devenues illustres : « Tu parles Charles ! » A noter que dans le Royaume de Montastruc, un paysan s'appelait, par dérision, « un Charles », alors que dans le Royaume de la doulce France, le même cul-terreux avait le sobriquet de « Jacques ». A noter encore que dans l'Empire lithuano-guatémaltèque, on disait « un Mangiafazzula », mais çà, tout le monde s'en fout !

Scène 4
APPENDICITE – PHLEGMON

APPENDICITE
Ah que je suis à plaindre ! Ah mais quel sort infâme !
Et tout s'éteint en moi, il n'y a plus de flamme.

PHLEGMON
Madame, je sais tout, Blaise vient de me briefer,
M'apprendre que mon cœur vous venez de griffer.
Son début de récit ne m'apportait que joie.
Tout tressaillait en moi, et mon cœur et mon foie...
Il parla aussi de vos problèmes intestins,
Mais d'autre chose encor qui scelle mon destin.
J'étais pourtant heureux de vous rendre visite ;
Elle est de sang royal, la douce Appendicite !
Et je rends grâce au ciel de cette intervention
Qui aurait lors permis si belle opération (5) !
Hélas ! J'apprends aussi vers qui votre cœur penche,
De mon frère il s'agit, celui que l'on emmanche !
Allez, réfléchissez, changez de décision,
Car pour Anthrax le sexe a quelque imprécision.
Nous sommes jumeaux en tout à propos du physique ;
Mais moi pour le beau sexe, moi, j'ai toujours la trique !
Dites, pour votre choix, qu'a-t-il de plus que moi ?
Moi qui serais pâmé de tomber sous vos lois !

APPENDICITE
Il a un déhanché que, pour moi, nul n'égale.
Un parler doucereux qui fait que l'on s'emballe.
Si c'est vrai qu'en aspect, il est votre miroir,
Il sait si bien porter ses babioles en sautoir.
Mais je viens d'apprendre qu'il est contre-nature,
Et je bannis dès lors toute pensée impure.
Il ne me reste plus qu'à trouver des raisons
Pour quitter illico-presto cette Maison :
Vais-je faire la malade ? Prétendre quelque phtisie ?
Ou m'exiler très loin, peut-être en Tunisie ?...

PHLEGMON
Non, non, il ne faut point que d'ici vous partiez.
J'en aurais ma superbe réduite de moitié.
Songez : Que le jour s'en vient, que le jour nous quitte,
Sans que je puisse voir la belle Appendicite (6)!
Restez, je vous en prie, quitte à vous faire Anthrax ;
Même si, dans mon coin, je pleurerai un max.

APPENDICITE
Il ne sied point à un Roi de faire le Jocrisse.
Ma décision est prise, il faut que je me trisse !
Et pour votre gouverne, il faut que vous sachiez.
Ores, dans ce palais, vous faites tous chier !
(elle sort)

PHLEGMON
(il sort en la poursuivant)
Madame, je vous supplie : Evitez l'exit,
Surtout que sont réglés vos ennuis de transit !

(5) : Les mots terminaux de ce quatrain ont fait florès, depuis des siècles, dans le milieu médical :    « visite, appendicite, intervention, opération ».
(6) : Un obscur théâtreux, mais un fieffé plagiaire, un certain Racine, s'est inspiré de ces deux magnifiques vers dans son « Bérénice » ; c'est d'ailleurs ce qui a permis de dater le chef d'œuvre magistral que vous avez sous les yeux. « Bérénice » eut sa « première » le 21 Novembre 1670 ; on peut donc raisonnablement penser que « Phlegmon » est antérieur à cette date, logiquement c'est 1669 qui s'impose !

Scène 5
BLAISE – Des gardes

BLAISE
Cherchez ici !... Où cours-je ? Et dans quel état j'erre (7) !
Voilà qu'Anthrax céans veut se faire la paire !
Mon Maître, quant à lui, me paraît anormal !
Jamais je ne lui vis un si piètre moral !
Je sens qu'un mauvais coup près de nous se prépare ;
J'ai peur qu'il ne se fasse sauter le cigare !
Tous ! Ils sont tous chtarbés, et vont nous le prouver !
Allez ! Fouillez les gars ! Il faut les retrouver !
(ils sortent en courant)

(7) : Ce vers est emprunté à la tragi-comédie « Le bahut en folie » (69 après J-C) de l'auteur latin Potache-le-Jeune, dit « Roicco » (D'ailleurs, il ne faut pas confondre Roicco et ses frères : Potache-à l'ancienne, dit « Magie » ; Potache-aux-vers Michel, dit « Quenor » ; Potache-ou-Con sommé, dit « L'Hiébigue », etc, etc... mais tous avaient pour géniteur le célèbre, mais désordonné, géomètre antique : Potache dit  « Brouillon Cube»).

Scène 6
LEONARDA

LEONARDA
Ô douleur ! Ô carnage ! Tout ici est démence !
Des dénouements affreux viennent faire émergence.
On n'imagine pas les ravages d'Amour
Et ses dommages collatéraux à l'entour (8).
Car de hanter ces couloirs je reviens tout juste,
On y sent le malheur et aucun geste auguste (9).
La décadence est là, plus rien ne la défend
Contre tous les excès . Satan est triomphant !
Pourquoi faudrait-il donc que le Diable se gêne ?
Il n'y a pas de plaisir là où est la géhenne (10)!
Si fait ! On voit en ces lieux l'œuvre du Malin
Par ce qu'il fait à l'autre, et ce qu'il fait à l'un (11) !
Oui, tout autour de moi, où que mes yeux se portent,
Rien de désopilant ne me secoue l'aorte.
Ô cruauté des Dieux ! Fais de nous des pantins,
Et viens en récolter le sinistre butin
Dans ce palais désert où ont fui tous ses hôtes,
Où les malheurs pleuvent comme à Gravelotte (12)...
Cette noble Maison est au bord de la ruine,
Princes de Montastruc partant en biberine !
Phlegmon, qu' insupportait la fuite d'un amour,
A donc résolu de mettre fin à ses jours.
Car, à faire le Roi, il en renie le rôle,
Et transperce son flanc avec une espingole.
Ma maîtresse, valise et pruneaux à la main,
M'a donc fait des adieux qu'on veut sans lendemain.
Ma chère Appendicite ! Partie pour Tatahouine (13),
En clamant haut et fort :  « Je veux me faire gouine ! »
Anthrax, quelle folie, décampe en tenue d'Eve,
Se retrouve maintenant maqué avec Dave !
Blaise, devenu gay, assure l'intérim.
Quant à moi, de ce pas, je m'en vais à la gym...
(rideau)

(8) : On utilise fréquemment ce vers, depuis des siècles, pour illustrer le substantif « pléonasme ».
(9) : Ecrit en 1669, on pense que c'est de cette époque que les écholalies de ces deux vers sont devenues mémorables : « Tout juste Auguste ! »
(10) : Tripatouillé pendant des générations, on se demande encore présentement comment ce vers a pu donner dans la tradition orale : « Là où y' a d' la géhenne, y' a pas d' plaisir »...
(11) : Bien que probablement écrit en 1669 (Mais on commence franchement à s'en tamponner le coquillard!), on s'explique mal le bide noir qu'eurent les écholalies de ces deux vers : « Malin, Alain ! »
(12) : Cet anachronisme, au milieu de tant d'autres, est le plus criant. Comment Gaga Produk a-t-il eu une telle prescience ? Encore aujourd'hui, les sémantologues s'interrogent et aucune réponse pertinente n'a été trouvée...  Peut-être faudrait-il chercher chez Heidegger, Lacan ou Chomssky qui, seuls, pourraient apporter une réponse aussi claire que du jus de boudin.
(13) : Ben tiens, en Tunisie justement !

Gérard – 2014


Nota Bene spécial de l'époque pour mon amie C. et son sympathique époux R.: Mais oui, bien sûr que j'accepte que vous montiez la pièce ! Mais votre théâtre* ne fait que le double des places du Dôme ; je doute que ce soit suffisant pour y accueillir les foules qui vont venir s'y presser, du moins pour les 500 premières représentations ! :-D

* = Hélas ! En 2023, ce théâtre (Je pense qu'on peut alors dire son nom : "Le creuset des Arts") n'existe plus. Il ne me reste plus qu'à réserver le Stade de France. ;-)

 

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